Le chef conservateur Stephen Harper a traversé le Canada d'un océan à l'autre, dans un ultime effort pour récolter des appuis à la veille d'un scrutin qu'il prévoit serré.
M. Harper a entamé sa journée à Cornwall, sur l'Ile-du-Prince-Edouard, où environ 500 personnes ont bravé la grisaille pour venir l'entendre à l'aube, en ce jour de congé.
Dans son allocution, le politicien a exhorté ses militants de tout le pays à ne rien prendre pour acquis malgré les sondages encourageants et exercer leur droit de vote en grand nombre demain.
«Rien ne garantit que nous allons gagner. Nous devons remporter le plus de sièges possible», a-t-il martelé.
Il a promis qu'un gouvernement conservateur réélu ferait de l'économie sa «priorité» en cette période de tourmente mondiale.
Il a en outre critiqué le plan environnemental de son rival libéral Stéphane Dion, qu'il accuse de vouloir plonger le pays en récession en mettant en oeuvre son «Tournant vert», qui prévoit l'imposition d'une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre qui serait contrebalancée par des baisses d'impôt sur le revenu.
«Si vous voulez un premier ministre qui protégera l'économie canadienne, je vous demande un mandat. Si vous voulez un premier ministre qui va faire des expériences avec l'économie, et bien donnez à M. Dion un mandat pour imposer sa taxe sur le carbone», a-t-il déclaré.
Les quatre circonscriptions de l'Ile-du-Prince-Edouard sont traditionnellement acquises aux libéraux, qui y règnent en maîtres depuis près d'un quart de siècle, mais le message conservateur pourrait cette fois-ci faire mouche dans cette région qui vit principalement de l'agriculture et de la pêche et où le prix du carburant constitue un enjeu.
M. Harper a ensuite effectué une brève halte à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Signe que cette province est un terrain âprement disputé, M. Dion y a aussi fait escale en cette dernière journée de campagne. Les avions des deux rivaux se sont d'ailleurs retrouvés nez-à-nez, sur le tarmac de l'aéroport local.
Devant quelques dizaines de partisans, le chef conservateur a vanté le bilan de son gouvernement et lancé un dernier appel aux Québécois, qu'il invite à déserter le Bloc et à voter pour «un parti qui peut agir, non juste réagir».
La caravane conservatrice a clôturé sa campagne à Vancouver, une ville où le parti espère aussi faire des gains. Stephen Harper a rencontré quelques dizaines de militants et accordé des entrevues à des stations de télévision locales.
Les 36 sièges de la Colombie-Britannique sont convoités par les trois grands partis fédéralistes de même que par le Parti Vert et leur répartition pourrait faire toute la différence au lendemain du scrutin.
Avant la dissolution du Parlement, les conservateurs en détenaient 18, le Nouveau Parti démocratique 10, les libéraux 7 et les Verts, 1.
Stephen Harper passera la journée de mardi à Calgary qu'il représente de manière continue à la Chambre des communes depuis 2002.