Un an plus tard, les propos tenus par le cardinal Marc Ouellet, lors de la présentation de son mémoire à la commission Bouchard-Taylor, continuent de faire des vagues, jusqu'en Italie où se tient présentement le synode des évêques.
La controverse soulevée dans nos pages, hier, provient d'une entrevue avec monseigneur Ouellet publiée quelques jours avant le début des travaux du Synode des évêques, à Rome, par le quotidien italien L'Avvenir puis repris par un journaliste du site «www.chiesa.com.
Selon la porte-parole du diocèse de Québec, Isabelle Théberge, le primat du Canada n'a pas accordé d'entrevues à ce sujet depuis plusieurs mois. Selon toute vraisemblance, l'interview aurait été réalisée en mars 2008.
«Je ne voudrais pas que les gens pensent que le cardinal parle contre le Québec lorsqu'il est à Rome. C'est tout le contraire», ajoute-t-elle.
Cours d'éthique et culture religieuse
Au moment où le gouvernement annonçait l'abolition des cours religieux à l'école pour faire place au cours d'éthique et culture religieuse, le cardinal Marc Ouellet avait multiplié les sorties dans les médias.
Cependant, à la suite de l'assemblée des évêques, en mars, le cardinal s'était rangé face à la position endossée par ses homologues, c'est-à-dire qu'ils «seraient critiques et vigilants» à l'égard du cours pendant la première année.
L'affaire n'a pas empêché le coloré curé et ex-député du Bloc québécois, Raymond Gravel, de réagir. Il juge que le portrait tracé par le cardinal Ouellet n'est pas fidèle à la réalité.
«C'est malheureux qu'il n'y ait pas de nuances dans ce qu'il dit, dénonce-til. La façon dont il parle, c'est comme s'il n'y avait pas de liberté religieuse au Québec.»
L'abbé Gravel juge que les propos du cardinal Ouellet donnent une «image négative» du Québec.
«Je pense qu'on est plutôt une société ouverte, tolérante et qui a des belles valeurs d'entraide et de générosité», estime- t-il.