Les immigrants installés à Montréal depuis plus de 10 ans sont ceux qui ont tendance à s'expatrier à l'extérieur du Québec. Une autre partie préfère s'installer en banlieue, selon une récente étude de l'Institut de la statistique du Québec.
«Une maison de 350 000 $ vaut 250 000 $ juste de l'autre coté de la rivière des Prairies, dit Pierre Tessier, le responsable des politiques et programmes de la Ville de Laval. Il estime que c'est une différence de prix importante pour le même niveau de services, et tout indique que c'est aussi la conclusion tirée par les immigrants montréalais.
Un quart a quitté la province
Ainsi, 13% de ceux qui ont immigré en 2000 ont choisi de s'installer en banlieue depuis. Un autre 25,9% a carrément décidé carrément de quitter la province.
La métropole semble davantage plaire aux niveaux arrivants qui quittent en moins grand nombre.
Selon le directeur général de la Maison internationale de la Rive-sud, c'est mal vu d'être locataire dans certaines cultures.
«C'est une valeur culturelle forte», affirme Noureddine Belhocine.
Montréal réagit
La ville de Montréal se dit interpellée par cette migration, qui s'expliquerait en partie par les prix élevés de l'immobilier.
Selon le responsable des relations interculturelles, le premier mythe à déconstruire dans l'imaginaire des citoyens concerne le coût de la vie en ville versus celui en banlieue.
«Si on additionne tous les frais, ça coûte plus cher de vivre en banlieue qu'en ville. Deuxième voiture, perte de temps, tous ces facteurs finissent par gonfler la facture», affirme Marcel Tremblay.
Il rejette du revers de la main l'argument qui sous-tend que Montréal n'est pas le meilleur endroit pour fonder une famille. »Plusieurs immigrants achètent des triplex, et ces immeubles sont compatibles avec leurs valeurs familiales», se défend-il.
La municipalité prévoit d'ailleurs lancer sous peu une campagne publicitaire destinée à sa communauté immigrante.
FAITS SAILLANTS
ÉTUDE DE L'ISQ SUR LES MOUVEMENTS INTERRÉGIONAUX DES POPULATIONS IMMIGRANTES - OCTOBRE 2008
Données utilisées :
les fichiers de la RAMQ
Année de l'arrivée des immigrants étudiés :
1992, 1996, 2000 et 2004
Nombre approximatif d'immigrants sous étude :
200 000
Fréquence de validation du domicile des immigrants :
tous les 4 ans
FAITS SAILLANTS CONCERNANT LA COHORTE D'IMMIGRANTS ARRIVÉS EN 2000
Immigrants montréalais ayant quitté la métropole pour la banlieue : 13,4 %
Immigrants montréalais partis hors Québec : 25,9 %
Immigrants totaux ayant quitté Montréal : 41 %
Nombre d'immigrants domiciliés en banlieue aujourd'hui comparativement au niveau de départ : 152 %
Nombre d'immigrants domiciliés à Montréal
aujourd'hui comparativement au niveau de départ : 61,5 %
PRIORITÉS IMMIGRANTES OBSERVÉES SUR LE TERRAIN
Trouver un emploi :
favorise Montréal
Acheter une maison :
favorise la banlieue
Fonder une famille :
favorise la banlieue
Éducation des enfants :
favorise la banlieue