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États-Unis

Bush prend des mesures radicales contre la crise

Associated Press (AP)  Martin Crutsinger
14/10/2008 15h39 - Mise à jour 14/10/2008 15h50

États-Unis - Bush prend des mesures radicales contre la crise
Le président Bush 
© AP

George W. Bush a annoncé aujourd'hui la nationalisation partielle des principales banques américaines, pour 250 milliards de dollars américains. Washington ne veut «pas supplanter l'économie de marché mais la protéger» en restaurant la confiance dans le système financier, a assuré le président.

La crise sera encore au coeur des discussions samedi, quand George W. Bush recevra le président français Nicolas Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso dans sa résidence officielle de Camp David.

L'entrée du gouvernement américain au capital des plus grands établissements, similaire aux mesures adoptées ces derniers jours par les 15 pays de la zone euro et chiffrées à près de 1700 milliards d'euros, a été saluée par un bond de 400 points de l'indice Dow Jones à l'ouverture de la bourse de New York.

Les places européennes ont également poursuivi leur remontée amorcée lundi après une semaine noire: le CAC-40 a gagné 2,75% à Paris, le FTSE-100 3,23% à Londres, et le DAX 2,70% à Francfort. En Asie, les indices dopés par l'envolée historique du Nikkei à Tokyo (+14,15%) ont tous clôturé dans le vert. Certains investisseurs méfiants préféraient protéger leurs gains de la veille, mais les acteurs du marché semblent penser que les mesures exceptionnelles prises par les Etats sont à même de réamorcer la pompe à crédit.

Dans un premier temps, les neuf principales banques américaines, parmi lesquelles toutes les plus grandes institutions financières, participeront au plan annoncé par Washington mardi, en application du plan de sauvetage d'un montant de 700 milliards de dollars. Certains de ces établissements ont d'ailleurs dû être fermement encouragées dans cette voie par le secrétaire au Trésor Henry Paulson, qui voulait qu'ils montrent l'exemple même s'ils sont en bonne santé et n'ont pas forcément besoin des capitaux de l'État. Il est prévu que les parts acquises par le gouvernement ne lui accordent pas de droit de vote dans les conseils d'administration, et les banques sont censées racheter les actions quand elles seront rétablies.

George Bush a précisé en présentant le programme que «ces efforts sont destinés à bénéficier directement aux Américains en stabilisant le système financier et en favorisant le rétablissement de l'économie». Cette initiative «n'est pas destinée à supplanter l'économie de marché mais à le protéger», a-t-il insisté.

«Le fait que l'État possède un bout d'une entreprise privée est discutable pour la plupart des Américains, moi y compris», a ajouté le président américain. «Néanmoins l'alternative consistant à laisser les entreprises et les consommateurs sans un quelconque accès au financement est totalement inacceptable.»

«Nous regrettons d'avoir à prendre ces mesures», a déclaré peu après M. Paulson, «mais c'est ce que nous devons faire pour restaurer la confiance dans notre système financier». Il a également annoncé que le gouvernement américain allait limiter la rémunération des dirigeants d'entreprise dans le cadre du plan de sauvetage financier.

Par ailleurs, la Réserve fédérale va acheter de grandes quantités de crédit à court terme à compter du 27 octobre, sa dernière tentative en date pour combattre la crise des subprimes et desserrer le crédit.

La banque centrale des États-Unis dispose désormais de pouvoirs inégalés depuis la Grande Dépression, dans les années 1930, afin d'assurer un financement à court terme crucial qui permet à beaucoup d'entreprises de payer leurs salariés et d'acheter du matériel.

Le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke a salué la décision du président Bush et s'est déclaré persuadé que cela améliorerait la condition des marchés financiers et écarterait les menaces pesant actuellement sur l'économie. Toutefois, il a dit de manière très claire que les politiques continueraient à agir si la situation l'exigeait.

«Notre stratégie continuera à évoluer et sera redéfinie pour nous adapter aux évolutions à venir et aux désillusions inévitables qui vont les accompagner», a-t-il souligné. «Mais nous ne désarmerons pas tant que nous n'aurons pas atteint nos objectifs, en réformant notre système financier pour restaurer la prospérité de notre économie.»

Avec la recapitalisation des grandes banques, «on commence à cerner le coeur du problème», a estimé Peter Cardillo, chef analyste chez Avalon Partners, une importante agence de courtage basée à New York. Mais, a-t-il prévenu, «il y aura un moment ou l'euphorie du plan de sauvetage va commencer à retomber et où le marché finira par affronter la réalité. Et la réalité, c'est que l'économie est en récession».





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