De violents combats se poursuivent dans l'est du Congo-Kinshasa entre l'armée régulière et la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), forçant des milliers de déplacés à fuir leur camps et empêchant l'accès des victimes aux hôpitaux.
Ces combats, à l'arme lourde, ont repris hier soir à Tongo et Nyanzale, a précisé le porte-parole militaire de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich. Les affrontements ont selon lui fait au moins quatre victimes civiles hier, alors qu'au moins 1700 personnes déplacées réfugiées près de Tongo se sont enfuies «pour un endroit que nous ne connaissons pas».
De son côté, une équipe de l'ONG Médecins sans Frontières (MSF) était coincée depuis hier soir dans l'hôpital du village de Mweso, près de Tongo, en raison des violents combats, a expliqué Colette Gadenne, responsable régionale de MSF.
Le porte-parole de la MONUC a dit ne pas savoir exactement ce qui se passait pour les personnels de MSF. Mais «la situation est assez compliquée pour tout le monde, même pour la MONUC qui est prise sous les tirs croisés. Nous sommes obligés de rester dans nos camps protégés», a-t-il ajouté.
La rébellion du CNDP, dirigée par l'ex-général rebelle Laurent Nkunda, affronte sporadiquement depuis des années l'armée de Kinshasa au Nord et au Sud-Kivu, à la frontière avec le Rwanda et le Burundi.
Après l'échec d'un accord de paix en janvier, ces affrontements ont connu une nouvelle intensification ces derniers mois, l'ONU estimant les déplacés à plus de 100 000 depuis août.
Nkunda, ancien seigneur de la guerre de la rébellion congolaise soutenue par le Rwanda pendant la guerre de 1998-2002, a repris les armes estimant que la transition démocratique en RDC a exclu la minorité tutsie, dont il affirme défendre les droits dans l'est du pays.
Début octobre, Kinshasa a accusé l'armée du Rwanda voisin d'avoir franchi la frontière pour venir soutenir les forces de Nkunda, soupçonnées de nombreuses atrocités dans les deux Kivu, et notamment d'enrôlement forcé d'enfants.