Participant à la Commission de l'économie et du travail qui se déroulait aujourd’hui à l'Assemblée nationale, Matthew Mukash, Grand Chef du Grand conseil des Cris (Eeyou Istchee) s’est fermement opposé à la proposition du gouvernement visant le régime forestier, appelée le Plan vert.
Le Grand Chef a clairement rejeté ce plan mis de l’avant par le gouvernement Charest et qui vise le régime forestier. Ceci parce le plan porterait directement atteinte aux gains que les Cris ont obtenus dans le secteur forestier avec la signature de l'entente de la Paix des Braves signée en 2002.
Selon le Plan vert, précise le Grand conseil des Cris par communiqué, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune délèguerait sur le terrain l'exercice quotidien des fonctions (gestion et la surveillance des forêts) à de fonctionnaires régionaux qui devraient en grande partie rendre des comptes au Conseil régional des élus de la Baie-James ou CREBJ.
Or, le Grand Chef Mukash a rappelé que Québec s’est doté d’un instrument juridique, la législation sur le CRE, qui fait de la Municipalité de Baie-James le principal organisme responsable du développement du territoire de la Baie-James.
Pour le Grand Chef Mukash, «la législation du CRE et, par extension, le Plan vert, sont l'équivalent d'un retour au système de réserves de la Loi sur les Indiens et feraient en sorte que les intérêts économiques et politiques des Cris commenceraient et se termineraient aux frontières de leurs communautés».
Le Grand Chef a dénoncé ces instruments juridiques «parce qu’ils privent les Cris de leur droit démocratique de représentation sur les terres qu'ils occupent et transfèrent cette représentation à une partie de la population dont la présence sur le territoire est minime ou inexistante». Ce scénario est tout simplement inacceptable pour le Grand Chef Mukash qui a fait remarquer: «Nos ententes avec le Québec sont conclues entre nations et non entre une nation et une municipalité. Le gouvernement ne peut décider unilatéralement d'émettre une procuration quand il est question de ces ententes et de la responsabilité fiduciaire de les faire respecter».