La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! s’est ralliée aujourd’hui à la campagne «Sortons le Québec du nucléaire!» afin de protester contre l’exploration et l’exploitation de gisements d’uranium au Québec, premier maillon de la chaîne du nucléaire.
En attendant une réforme de la loi sur les mines, la coalition demande un moratoire immédiat et une Commission parlementaire sur le sujet.
Les risques de contamination de l’environnement en éléments radioactifs et les conséquences à court et à long terme que pose l’exploitation de l’uranium pour la santé humaine sont au cœur des préoccupations d’une large partie de la population québécoise, mais également canadienne. Selon ces activistes, le Québec n’a pas besoin de centrales nucléaires, ni de l’uranium pour les «nourrir».
«Il n’y a pas que les centrales nucléaires qui produisent des déchets radioactifs. Les mines d’uranium en produisent d’immenses quantités qu’il faut ensuite entreposer dans des parcs à résidus miniers tout aussi immenses. Malheureusement, la viabilité et la sécurité des aménagements qui retiennent ces résidus n’ont pas encore été éprouvées et des déversements accidentels sont pratiquement inévitables à long terme», explique dans un communiqué Ugo Lapointe du forum de l’Institut des sciences de l’environnement (UQAM).
Gordon Edwards, expert en énergie nucléaire, ajoute que «l’extraction de l’uranium génère des milliers de tonnes de résidus contenant des éléments radioactifs tels que le radon, le thorium et d’autres sous-produits issus de la fission de l’uranium. Ces éléments peuvent contaminer l’environnement pour des centaines de milliers d’années et affecter la santé humaine s’ils se retrouvent dans les cours d’eau ou dans la chaîne alimentaire. Les vents peuvent également transporter des poussières contenant des éléments radioactifs sur de longues distances.»
La population est contre
«L’exploration de l’uranium a déjà des conséquences tangibles sur la population et le territoire québécois. Plusieurs douzaines de projets d’exploration sont en cours et perturbent non seulement les écosystèmes avec des travaux de forage, de décapage et d’échantillonnage, mais également, et surtout, des dizaines de milliers de citoyens et des communautés qui ne veulent pas de ce type de développement dans leur région!», explique François Lapierre de l’Association de la protection de l’environnement des Hautes-Laurentides.
La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! affirme d’ailleurs qu’à l’heure actuelle, les élus municipaux de 13 municipalités représentant quelque 50 000 personnes se sont déjà prononcés en faveur d’un moratoire et ont adopté des résolutions en ce sens. Lac-Saint-Paul, Chute-Saint-Philippe, Rivière-Rouge, Ferme-Neuve, La Pêche, Cantley et Chelsea dans les régions de l’Outaouais et des Hautes-Laurentides figurent parmi ces municipalités.
«D’autres citoyens s’inquiètent et se mobilisent également dans les régions de la Côte-Nord et des Monts-Otish (Baie-James) où s’effectuent de nombreux travaux d’exploration uranifère depuis quelques années. De l’autre côté de la frontière, en Ontario, ce sont plus de 14 municipalités, incluant la ville d’Ottawa, représentant près de 1 000 000 de personnes qui ont fait récemment la demande d’un moratoire. Malgré les cris d’alarme, ni le gouvernement du Québec, ni celui de l’Ontario n’ont encore répondu à l’appel de leurs citoyens sur le dossier de l’uranium», ajoute la coalition.
«D’autres provinces et territoires canadiens ont déjà emboîté le pas. La Colombie-Britannique a établi un moratoire permanent en avril dernier, alors que la Nouvelle-Écosse en maintient un depuis 1982. De leur côté, les Inuits du Labrador viennent d’instaurer un moratoire de trois ans sur l’exploitation de l’uranium (2008-2011), le temps qu’ils établissent un plan d’utilisation du territoire», conclut Ramsey Hart, de MiningWatch Canada.