Alors que l’Amérique latine n’est pas à l’origine du changement climatique, puisque le pays ne produit que 6% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, la Banque mondiale constate qu’elle subit déjà des pertes économiques considérables du fait du changement climatique.
En effet, c’est ce qu’a affirmé Pamela Cox, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Amérique latine et Caraïbes, alors qu’elle était en visite à Paris pour le Forum UE-ALC, organisé par le gouvernement français.
Elle a tenu à rappeler que l’Amérique latine n’est pas une région principalement à l’origine du changement climatique à l’échelle planétaire puisqu’elle ne produit qu’environ 6% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et un peu plus de 10% seulement si l’on tient compte du déboisement. Pourtant, Mme Cox constate que le pays subit déjà des pertes économiques considérables du fait du changement climatique.
En effet, plusieurs études ont déjà fait état d’une baisse des précipitations et d’une hausse des températures dans les pays de la région. Selon la Banque mondiale, des mesures doivent donc être prises d’urgence pour réduire les incidences négatives supplémentaires que cela peut avoir pour leur économie, et en particulier pour leur agriculture.
C’est dans cette optique que Mme Cox demande que la communauté internationale établisse des règles du jeu plus égales dans le débat international concernant le changement climatique, de manière à faire en sorte qu’il y ait synergie, et non pas antagonisme, entre les doubles objectifs de croissance économique et de responsabilité environnementale dans les économies de la région.
L’Amérique latine mieux préparée
Si le changement climatique fait déjà sentir ses effets dans l’ensemble de la région, Mme Cox estime toutefois que les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, travaillant au côté de la Banque mondiale, font désormais partie intégrante de la solution pour ce qui est de lutter contre le changement climatique tout en soutenant la croissance économique.
En effet, elle rappelle que depuis quelques années, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont diversifié leurs relations commerciales, amélioré leur situation budgétaire et assuré une croissance économique stable. Selon la Banque mondiale, ils seraient donc mieux parés pour faire face au changement climatique.
Rappelons que la Banque mondiale a mené plusieurs actions dans le domaine du changement climatique. Par exemple, la Banque a aidé à mettre en œuvre un programme destiné à faire face aux répercussions du recul des glaciers tropicaux dans trois pays: Bolivie, Pérou et Équateur. Elle a également prêté 501 M$ au Mexique pour l’aider à mettre en œuvre un programme pour lutter contre le changement climatique.
Des programmes d’adaptation au changement climatique dans la région des Antilles ont aussi été mis sur pied, dont un volet qui comprend notamment le renforcement de l’infrastructure côtière essentielle à Sainte-Lucie et un projet de dessalement de l’eau de mer au moyen de l’énergie éolienne à Saint-Vincent-et-les-Grenadines.