Les villes en pleine croissance devraient faire plus pour protéger la biodiversité. C’est ce que Ahmed Djoghlaf, secrétaire général de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, a affirmé cette semaine.
Face à cette problématique, M. Djoghlaf a expliqué que pour mieux protéger les animaux et les plantes, les villes devraient augmenter le nombre de parcs, planter des arbres et recycler des ressources.
«Nous avons souvent tendance à croire que les villes ne sont que des pierres», explique dans un communiqué Ahmed Djoghlaf. Mais il a ajouté que la ville de Munich, en Allemagne, comptait «plus d’oiseaux que d’autres régions en campagne, car l’agriculture intensive signifie que davantage d’espèces de la biodiversité trouvent refuge dans les villes».
L’ONU rappelle que même si les villes recouvrent seulement 2% de la surface de la planète, elle représente tout de même 75% de l’utilisation de ressources naturelles dans le monde. De plus, les statistiques des Nations Unies montrent que plus de la moitié de la population mondiale vit désormais dans des zones urbaines et ce pourcentage est susceptible de passer aux deux tiers de la population d’ici 2050. Ahmed Djoghlaf a déclaré que 150 nouvelles villes pourraient atteindre la taille de New York d’ici 2050.
«La bataille pour la vie sur Terre sera gagnée ou perdue dans les villes», soutient Ahmed Djoghlaf qui rappelle que les urbains ont un impact qui s’étend très loin dans la campagne, par le biais de l’augmentation de la demande en eau et en nourriture.
«Cette croissance des villes n’a pas lieu dans les pays développés, mais dans les pays en développement où il y a toujours de la biodiversité. Nous voulons nous assurer que cette croissance ne se fera pas aux dépens de la biodiversité», a-t-il ajouté.
Des exemples dans le monde
Ahmed Djoghlaf a recommandé aux villes de prendre exemple sur le plan 2007 lancé au Brésil dans le cadre duquel 34 maires ont accepté de protéger la biodiversité en réservant, par exemple, plus de terres pour les parcs, la plantation d’arbres, mais également en passant aux énergies renouvelables et en améliorant le recyclage. Cela permettra à ces villes d’avoir de meilleurs lieux de vie à la fois pour les individus et pour la faune et la flore.
Autre exemple, une politique de reforestation dans la ville japonaise de Nagoya a aidé à réduire le pic quotidien de température de plus de 4°C.
«L’idée est d’engager les individus à agir. La lutte pour la vie sur Terre ne peut pas être seulement gagnée par les bureaucrates», conclut Ahmed Djoghlaf.