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Sables bitumineux

Un paysage massacré

Jessica Nadeau
11/10/2008 08h27 

Sables bitumineux - Un paysage massacré
 
© Le Journal de Montréal

FORT MCMURRAY | L'exploitation des sables bitumineux enrichit l'Alberta mais défigure complètement son paysage, tout en polluant l'environnement. Et ce n'est qu'un début: d'ici peu, la zone exploitée à ciel ouvert pourrait devenir sept fois plus grande.

L'exploitation des sables bitumineux représente déjà l'une des plus grandes mines à ciel ouvert du monde. Sa croissance exponentielle et le territoire grugé par les compagnies pétrolières sont largement contestés.

Pendant la campagne électorale, les appels au moratoire se sont multipliés, notamment par le Parti vert et le NPD. Mais Stephen Harper n'a pas l'intention de priver sa province d'une plus grande exploitation de pétrole. Au contraire.

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Du «pétrole sale»

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    La vue du ciel est impressionnante: à perte de vue, un désert de mines, de poussière, de cheminées et de lacs artificiels noircis où les pétrolières rejettent leurs eaux toxiques. Sur 500 km2. L'équivalent de l'île de Montréal.

    «Ce que l'on voit est catastrophique, mais nous n'avons encore rien vu», dit Simon Dyer, directeur de la campagne des sables bitumineux pour l'Institut Pembina, un groupe de pression environnemental basé à Calgary.

    «Le gouvernement n'arrête pas de céder de nouveaux terrains qui devront être déboisés. C'est du développement sauvage, c'est de la folie.»

    Actuellement, on extrait de ces mines quelque 1,3 million de barils de pétrole synthétique par jour. L'industrie compte tripler la production d'ici 2020.

    Terrains déjà cédés aux pétrolières

    Selon le gouvernement de l'Alberta, la surface disponible pour l'exploitation des sables bitumineux est de 3400 km2, sept fois plus que ce qui est dévasté.

    La majorité de ces terrains sont déjà cédés aux pétrolières, dont les intérêts proviennent désormais de Chine, de France et d'un peu partout dans le monde.

    Ce faisant, les pétrolières vont raser des milliers de kilomètres carrés de forêt boréale, détourner des millions de mètres cubes d'eau de la rivière Athabasca et augmenter leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

    Pressé de questions sur le sujet, Stephen Harper répète que tout est sous contrôle, alors que le libéral Stéphane Dion affirme que personne ne peut mettre un frein à ce développement mais qu'il faut être très strict quant aux impacts environnementaux.

    «Ça m'inquiète de voir la rapidité avec laquelle ça se développe», avoue Gilles Duceppe, du Bloc québécois, qui estime qu'on devrait mettre un terme à cette croissance démesurée par l'application de Kyoto.

    La surface affectée par le développement minier est présentement de 500 km2, l'équivalent de la ville de Montréal.

    La surface exploitable grâce aux mines à ciel ouvert est de 3 400 km2. La majeure partie de cette surface est déjà allouée aux industries pour de futurs projets.

    La superficie que couvrent les sables bitumineux dans le sous-sol de l'Alberta est aussi grande que celle de la Floride.






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