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Jacques Parizeau sonne l'alarme

L'école est un échec

Yves Chartrand
Le Journal de Montréal
12/09/2008 07h40 - Mise à jour 17/09/2008 10h01

Jacques Parizeau sonne l'alarme - L'école est un échec
L’ancien premier ministre Jacques Parizeau refuse de blâmer un gouvernement ou un autre, péquiste ou libéral. 
Photo le Journal

Dans une lettre au Journal de Montréal, l'ancien premier ministre Jacques Parizeau tire sur la sonnette d'alarme et demande au ministère de l'Éducation du Québec d'expliquer «l'effondrement du système de l'enseignement public français». Une situation qu'il juge «scandaleuse».

Vos réactions:

  • M. Parizeau a-t-il raison?
  • Comment en sommes-nous arrivés là?
  • Que faut-il faire pour résoudre le problème?
  • Par où commencer?
  • Comment expliquer que les écoles anglaises réussissent mieux, avec les mêmes programmes?
  • Avez-vous des exemples à partager de choses à imiter ou à éviter?

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  • Jacques Parizeau a-t-il raison de dénoncer la faillite de notre système scolaire?

  • À l'aide de chiffres comparatifs qu'il a lui-même colligés à partir d'un document du ministère de l'Éducation, il dénonce «l'écart énorme et inacceptable» qui s'est creusé dans le taux de diplomation des élèves du secondaire entre francophones et anglophones, entre les filles et les garçons et entre les écoles publiques et privées.

    Effondrement

    Et il en vient à la conclusion que le Québec est actuellement «confronté à une situation scandaleuse, à un formidable gaspillage qui compromet l'avenir, dit-il. Ce n'est plus de ressources ni d'argent qu'il s'agit aujourd'hui, c'est à l'effondrement d'un système auquel nous assistons.»

    Dans une entrevue qu'il nous a accordée hier avant de quitter pour l'Europe, Jacques Parizeau a précisé que «celui qui est le plus mal pris, c'est le petit garçon qui va dans le système secondaire public. Sa situation est épouvantable.

    «Ce qui m'a le plus frappé dans les chiffres que j'ai analysés, c'est qu'à la Commission scolaire de Montréal, il y a à peine 36 pour cent des garçons qui obtiennent leur diplôme après cinq ans (le temps normal pour l'obtenir) et que même après sept ans, il n'y a pas encore la moitié des garçons qui sont diplômés. C'est à mon sens le chiffre le plus effrayant», estime Jacques Parizeau.

    Il met aussi en relief que le taux d'obtention du diplôme du secondaire est incomparable entre le système public et privé. «En 2002, 83 % des élèves du privé ont obtenu leur diplôme, contre 53 % dans le public. Un écart de plus de 30 points, ça n'a pas de bon sens», dit-il.

    Jeunes anglophones

    Il note également que les jeunes anglophones du Québec qui étudient dans le système public réussissent beaucoup mieux : 67 pour cent de taux de diplomation, contre 37 pour cent chez les francophones. «Ce sont pourtant les mêmes systèmes pédagogiques et les mêmes budgets, dit Jacques Parizeau. Alors, qu'est-il arrivé ? Comment se sont-ils débrouillés pour maintenir une qualité supérieure de l'enseignement? Il faut le savoir.»

    L'ancien premier ministre refuse de blâmer un gouvernement ou un autre, péquiste ou libéral. «J'ai consulté plusieurs personnes avant de composer mon texte. Il y a beaucoup de gens qui sont parfaitement au courant de cette situation mais le sujet semble tabou. Il est plus que temps de mettre ce catastrophique problème sur la place publique.»

    LES GRANDES DATES

    1867
    En vertu de la Constitution canadienne de 1867, l'éducation est une compétence exclusive du Québec.

    1960
    Élection du gouvernement Lesage et début de la Révolution tranquille (1960-1966)

    1963
    Le rapport Parent, qui a fait état de la situation de l'éducation au Québec dans les années 1960, propose :

    • la création d'un ministère de l'Éducation
    • la fréquentation scolaire obligatoire jusqu'à 16 ans
    • la création des cégeps
    • la formation poussée des enseignants
    • l'accès facilité aux universités

    1964
    Création du ministère de l'Éducation

    1967
    Création des cégeps

    1968
    Création de l'Université du Québec

    1997
    Pauline Marois dépose un énoncé de politique intitulé «L'école, tout un programme»

    1998
    Début, sous Pauline Marois, du «Renouveau pédagogique»

    2000
    François Legault met en place le Programme de formation de l'école québécoise (la réforme)

    EFFECTIF SCOLAIRE AU QUÉBEC

    Préscolaire 79 850

    Primaire 467 224

    Secondaire 463 346

    Collégial 169 199

    Universitaire 196 305

    Source : Wikipédia, ministère de l'Éducation, estimation des effectifs scolaires en septembre 2008. Recherches : Serge Laplante








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