C'est un véritable cri du coeur que lancent les familles de la classe moyenne aux politiciens qui pourraient risquer gros en pleine campagne électorale en ignorant leur malheur.
«Elles nous disent qu'elles en arrachent et que la classe politique ne fait rien pour les aider», explique Christian Bourque, de Léger Marketing.
«Le sondage montre donc que le sort financier des familles de la classe moyenne devrait être le principal enjeu de la campagne électorale», ajoute-t-il.
Les hausses de tarifs de services publics, du prix de l'essence et de l'épicerie des derniers mois ont trop réduit leur pouvoir d'achat, dit le sondage.
L'indice des prix à la consommation a en effet crû de 3,4% entre juillet 2007 et juillet 2008, selon Statistique Canada. L'inflation a d'ailleurs atteint cette année son plus haut niveau en cinq ans.
Les dernières années ont pourtant donné lieu à des baisses de taxes et d'impôts. Les Québécois ont profité de cet argent neuf pour dépenser davantage et accroître leur train de vie.
Accès facile au crédit aidant, ils ont multiplié les bagnoles neuves, ordinateurs, iPod et autres luxes. Cette hausse de l'inflation est donc dure à encaisser chez ceux vivant au-dessus de leurs moyens.
«Les gens vivent souvent à la limite de leur revenu en surconsommant. S'il y a des imprévus, ils ont peu de marge de manoeuvre et se sentent vite coincés», dit Charles Tanguay, de l'Union des consommateurs.
«Avant, l'élément central des gens était l'église. Là, c'est les magasins. Ils ont de la difficulté à trouver le bonheur et prouver leur valeur autrement qu'en consommant», déplore Jean-Marc Fontan, sociologue à l'UQAM.
La situation financière des familles a pourtant progressé depuis les 10 dernières années.
Leur fardeau fiscal s'est allégé de plusieurs milliers de dollars depuis 2000, même en considérant l'inflation et la hausse des tarifs d'Hydro-Québec, dit Luc Godbout, professeur en fiscalité à l'Université de Sherbrooke.
«Il est faux de dire que l'État ne fait rien. Mais les gens semblent consommer tout ce qu'ils ont dans leurs poches», dit-il. Quant au revenu médian, il a augmenté de 22% de plus que l'inflation, selon Pierre Fortin, professeur à l'UQAM.
Près de la moitié des ménages (44%) ont vécu des tensions dans leur famille causées par l'argent
68% des gens appartenant à la classe moyenne se trouvent serrés financièrement (dont 74% qui ont un revenu entre 40 000 $ et 60 000 $)
41 % pensent que les choses n'iront pas en s'améliorant au cours de la prochaine année
75% trouvent qu'il ne reste plus rien à la fin du mois
59% disent que l'argent est une source de stress!
94% estiment que les gouvernements n'en font pas assez pour la classe moyenne
80 % trouvent maintenant difficile d'assumer la hausse des tarifs gouvernementaux, surtout que seulement 65% estiment que les allègements fiscaux et autres programmes sociaux axés sur la famille n'ont pas eu un impact positif sur leurs finances.
81% ont dû renoncer à un achat récemment faute de moyens
69% ont reporté des projets importants