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© Photo Le Journal/Hugo-Sébastien Aubert |
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LES SOEURS ELLIOT
Faire plus avec moins
Caroline Roy
11-10-2008 | 16h00
Derrière les intrigues de la deuxième
saison des Soeurs Elliot se cache un
petit miracle: celui d’avoir réalisé
une série qui captive plusieurs
téléspectateurs avec peu de
moyens.
«L’élastique est étiré au maximum», avoue d’emblée la
comédienne Isabel Richer, qui interprète le personnage
de Gloria.
«L’élastique est étiré pas parce que la série est mauvaise.
Nous avons le bon plan, les bons comédiens, mais
nous avons trois jours pour rénover la maison au lieu de
trente jours», explique pour sa part François Gingras,
réalisateur des Soeurs Elliot.
Isabel Richer et François Gingras mettent beaucoup
d’énergie dans la série. Onze pages de texte par jour à
apprendre par coeur pour la comédienne. Plusieurs
scènes à diriger en peu de temps pour le réalisateur.
La série Les Soeurs Elliot est tournée avec un budget
de 600000 $ de l’heure. Une série «mi-lourde», comme
on l’appelle dans le métier.
Pour peaufiner la série à son goût, l’équipe des Soeurs
Elliot aurait besoin de temps. «On ne peut pas faire les
scènes à 75%. Les comédiennes ne peuvent pas être
habillées à 75%. On ne peut pas dire aux gens des costumes:
fais ta job à moitié», lance le réalisateur.
VITESSE D’EXÉCUTION
N’empêche que la vitesse d’exécution leur donne une
certaine énergie. «Il y a un kick à ce tourbillon. À la fin
de la journée, on se dit: wow, on a réussi à tout faire»,
dit Isabel Richer.
Du même coup, le réalisateur ne peut s’empêcher
d’ajouter: «Les Soeurs Elliot, c’est une mine d’or.
Trois personnages. Il faut nous donner les moyens et
le temps pour préparer les textes. Il n’y a même pas
encore moyen de savoir s’il y aura une troisième saison.»
Croyez-vous que les téléspectateurs se rendent compte
de la réalité du tournage de la série?
«Les téléspectateurs s’en rendent compte, mais ne
peuvent pas l’exprimer, répond M. Gingras. Ils ne
connaissent pas tout le travail derrière. Ils regardent le
résultat: est-ce que c’est bon ou c’est plate? Quand tu
prends le temps de soigner les choses, ils trouvent ça
beau.»
Isabel Richer se fait aussi critique sur le travail des
acteurs dans les téléséries. «Dans les moments de
découragement, je me mets à penser qu’on ne sollicite
pas le talent des acteurs en télésérie, mais leur habileté.
Je connais des acteurs qui ont du talent, mais qui n’auraient
pas cette habileté d’être efficaces en si peu de
temps», dit-elle.
INTRIGUES À SUIVRE
Malgré tout, la comédienne apprécie son personnage
de Gloria. Un rôle aux antipodes de ses précédents.
«Il y a eu une époque où tous les personnages féminins
avaient des vertus inébranlables. C’étaient des
femmes de tête et droites, comme Émilie Bordeleau»,
explique-t-elle.
Aujourd’hui, les personnages de femmes sont plus
humains, selon elle. «Gloria est complètement à côté de
ses souliers. Elle est authentique, mais elle ne sait pas
comment s’y prendre pour être heureuse. Elle n’est pas
réfléchie», raconte-t-elle.
Selon la comédienne, les téléspectateurs n’ont encore
rien vu en cette deuxième saison des Soeurs Elliot. «Leur
père Gerry va mettre ses trois filles dans le trouble», dit-elle.
La relation entre Gloria, Lauretta (Sylvie Léonard) et
Eugénie (Julie Perreault) sera aussi mise à rude épreuve.
«Leur lien sororal est renforcé dans le fait qu’elles
ont été abandonnées très jeunes. À la fin de la deuxième
année, il y a quelque chose qui va être dangereusement
fragilisé», dit Isabel.
Est-ce qu’il y aura une quatrième soeur Elliot? Est-ce
que l’une des soeurs n’est pas vraiment leur soeur?
«Tout est possible, Gerry est disparu pendant 30 ans. Il
faut que les gens se creusent la tête. Il y aura plein de
signes durant la saison. Il faut être attentif pour voir la
dynamique de la famille», répond le réalisateur, qui
refuse d’en révéler davantage.