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© Le Journal de Montréal |
L’automne à la radio promet un nouveau combat de vedettes qui coûte cher aux stations. |
LA RENTRÉE RADIOPHONIQUE
Une histoire de gros sous
Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
16-08-2008 | 04h00
L’automne à la radio promet un nouveau combat de vedettes qui coûte cher aux stations.
Combien empochent les nouveaux venus tels que Lise Dion, Chantal Lacroix et
Gildor Roy, pour prêter leur nom et leur voix à la radio cette saison ?
Pour une équipe du matin seulement, les
budgets tournent autour du million de dollars.
Il faut en compter autant pour les
midis et le retour à la maison, sans mentionner
qu’une vedette à elle seule reçoit
entre 100000 et 500000 $ par année.
À la radio commerciale, déjà peuplée de
gros noms, c’est toujours la course aux
vedettes et aux cotes d’écoute. Dans ce
milieu où les revenus des stations proviennent
uniquement de la vente de publicité,
le star-system est crucial.
«Pour se distinguer des autres stations,
on n’a pas le choix d’aller chercher des animateurs
qui ont une grande force d’attraction,
estime le patron de Rythme FM,
André St-Amand. À la radio française, où
le quota de chansons en anglais est limité,
tout le monde joue à peu près la même
musique. Il faut donc faire des dépenses
pour s’approprier des noms qui font la différence,
grâce à un attachement sentimental.
À la radio anglaise, où chaque station a
sa niche musicale, il n’y a pas cette surenchère
de vedettes et le coût d’opération est
trois fois moindre.»
900 000 $ LA PART DE MARCHÉ
Cette année, Lise Dion et Chantal Lacroix
joignent les rangs de RockDétente, Gildor
Roy et Julie Bélanger ceux de Rythme FM.
D’autres changent de place pour être
mieux entendus. Benoît Dutrizac, Isabelle
Maréchal et Benoît Gagnon passent du
week-end à la semaine, au 98,5 et à Énergie.
L’arrivée de nouveaux sondages PPM,
plus précis et élaborés, accentue le phénomène.
Dans tous les créneaux, chaque
jour de la semaine, les stations tentent de
solidifier leur position et des personnalités
s’ajoutent à la liste déjà impressionnante
de gros noms derrière le micro (les
Paul Arcand, Véronique Cloutier, François
Morency et Éric Salvail de ce monde).
À RockDétente, où on vient d’aller chercher
Lise Dion en coanimation avec MarieÉlaine
Proulx et Chantal Lacroix qu’on a
jumelée à André Robitaille, on estime rentables
les coûts en salaire pour aller chercher
de gros noms. «Ici personne ne fait de
bénévolat, ironise la patronne Johanne
Cloutier, chacun est bien rémunéré. Mais à
Montréal, en radio commerciale, une part
de marché à l’antenne d’une station vaut
900000 $ dans le créneau des adultes 18 à
54ans. À Toronto, c’est le double. Ça vaut
le coup d’investir.»
DES RÉSULTATS
Même son de cloche chez Corus (98,5,
CKOI) où Benoît Dutrizac et Isabelle
Maréchal animeront chacun une nouvelle
émission quotidienne en semaine: «Ça
prend une bonne gestion du budget entre
les personnes de renommée, qui sont une
attraction en soi, et la vitesse avec laquelle
elles apportent des résultats», précise toutefois
le patron de la boîte Mario Cecchini.
«Le seul bémol, conclut André St-Amand
de Rythme FM, est que oui, il faut des
vedettes, mais encore faut-il que ces gros
noms livrent la marchandise, qu’ils passent
le test, qu’ils soient bons. Un artiste
peut être très populaire à la télé, mais pas
à la radio. Le mieux c’est de confier les
commandes à des gens de formation radio
qui maîtrisent parfaitement le média,
comme Stéphane Richard, jumelé à un
gros nom comme Gildor Roy.»
Les radios montréalaises lanceront dans
les deux semaines qui viennent leur nouvelle
programmation d’automne, en nous
présentant leurs têtes d’affiche.