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Claude Gauthier - Pour la beauté de la musique
© PHOTO LE JOURNAL – MARTIN BOUFFARD
Claude Gauthier

CLAUDE GAUTHIER

Pour la beauté de la musique

Philippe Rezzonico
14-10-2008 | 04h00

Claude Gauthier l’admet, il a fait une sorte de burn-out «scénique» au terme de Don Juan. Mais un projet de collaboration l’a remis sur les rails, la résultante étant le magnifique album Pour la suite du monde.

«Après plus de 200 représentations, le vieux était fatigué, note Gauthier, souriant, dans un petit café de son quartier. C’était un burn-out de scène. J’étais usé à la corde, pas en forme, malade…»

Bon vivant de nature, Gauthier s’est reposé et il a reçu un coup de téléphone de l’animatrice Monique Giroux qui lui proposait un jumelage avec un artiste européen, en l’occurrence Georges Moustaki.

«Tu parles que ça me tentait de faire la musique sur un texte de Moustaki, dit-il. Il m’a envoyé le texte, j’ai fait la musique et il a ensuite écouté le résultat au bout du fil en espérant pouvoir la chanter.» C’est cette étincelle qui a lancé Gauthier sur la piste de son album à venir.

«Je me suis dit qu’il y avait plein de gens avait qui j’avais composé il y a très longtemps. En 1963, J’avais fait Partance avec Gilles Vigneault, en 1964, Marie-Noël avec Robert Charlebois. Daniel Lavoie, c’était il y a dix ans. Pourquoi n’avait-on pas recommencé?»

MISE EN FORME

Gauthier se met à faire des coups de fil et le projet prend forme. Les retrouvailles avec Charlebois ont mené à une chanson émouvante, Mon fils et moi.

«Il fallait que je trouve un texte qui allait plaire à Robert. Il a deux fils et moi aussi. Il m’a téléphoné 20 minutes après avoir reçu le texte pour me dire que c’était un texte canon et qu’il allait y avoir une musique canon à son retour de voyage en Guadeloupe. Puis, il m’a appelé de là-bas, parce qu’il avait déjà terminé la musique.»

Rencontre inattendue, celle avec Martine St. Clair qui avait contacté Gauthier pour obtenir un texte. «Je me rends à son studio, elle est au piano, met le texte [Combien d’amour] devant elle et se met à composer sur-le-champ. En 15 minutes, elle avait terminé la musique. J’étais renversé. C’est là qu’elle m’a dit que si elle n’avait pas d’inspiration pour un texte en un quart d’heure, elle le laissait tomber.»

Et, il a eu ce texte inachevé de Sylvain Lelièvre, Ma prochaine aventure, c’est toi. «J’avais demandé à Monique (Lelièvre) si elle n’avait pas une inédite de Sylvain ou quelque chose du genre. Elle m’a fait parvenir trois textes, dont un inachevé, qui avait une amorce remarquable. J’ai demandé de le terminer dans l’esprit des deux premiers couplets de Sylvain et elle a évidemment dit oui.»

LE CADEAU

Et pour conclure, Gauthier a même eu droit à un DVD-portrait, gracieuseté du légendaire cinéaste Michel Brault avec lequel il a tourné Les Ordres en 1975.

«Michel, qui a maintenant 80 ans, m’avait demandé si je voulais un DVD pour accompagner le disque. Je lui ai répondu qu’à 35000 $, je n’avais pas les moyens. Il m’a alors dit qu’il allait filmer la création et transformer ça en portrait en intégrant des bouts de films du passé, du noir et blanc, etc.»

«C’est un cadeau pour plus de 40 ans d’amitié, m’a-t-il dit. C’est lui qui m’avait approché pour faire du cinéma en 1965 et tourner mon premier film avec Geneviève Bujold. Sans lui, je n’aurais jamais fait de cinéma.»

Ragaillardi, monsieur Gauthier, à 69 ans? «Et comment! Fini le burn-out. Je devrais chanter les nouvelles chansons sur scène en 2009.»

  • Pour la suite du monde, en magasin ce mardi.

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