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Angèle Dubeau - Fascinée par Philip Glass
© PHOTO LE JOURNAL – YVAN TREMBLAY
Avec Philip Glass, Portrait, Angèle Dubeau & La Pietà s’attaquent à l’oeuvre contemporaine du compositeur minimaliste américain. En magasin mardi.

ANGÈLE DUBEAU

Fascinée par Philip Glass

Philippe Rezzonico
13-10-2008 | 04h00

Angèle Dubeau & La Pietà qui rendent hommage à Philip Glass, gourou du courant minimaliste de la musique contemporaine. Curieux? Non. Envoûtant.

disques Analekta, Angèle Dubeau parle de l’oeuvre de Glass avec une passion non dissimulée. Normal. On ne s’attaque pas aux compositions qui forment le compact Philip Glass, Portrait si l’on ne voue pas un intérêt et une admiration à l’oeuvre de l’Américain.

D’ailleurs, Angèle Dubeau peut autant disserter sur le parcours artistique de Glass que sur l’homme. Il y a quelques années, elle avait collaboré avec le monsieur afin de retravailler le concerto pour violon qu’il avait composé.

«J’ai une fascination pour cette musique et je caressais le rêve de faire un disque sur Philip Glass depuis longtemps», assure la violoniste. De son propre aveu, certains éléments de la musique de Glass collent bien à sa personnalité.

«J’aime les mathématiques, je suis cartésienne et très structurale, dit-elle, ajoutant le geste à la parole. La musique de Philippe Glass est hyper-structurée et très intelligente. Quand j’ai eu l’occasion de travailler avec lui, j’ai constaté à quel point il n’y a rien de laissé au hasard. Il n’y a pas de point d’interrogation avec lui. Si c’est là, c’est parce que ça a sa raison d’être. Mais il y a une cellule souche dans tout ça», ajoute-elle, faisant une métaphore d’ordre génétique.

ESPACE-TEMPS

«Cette cellule, Glass l’additionne, la multiplie et la transforme plusieurs fois. À un moment, ça devient comme un mantra. Ce n’est pas moi qui ai dit ça, mais quelqu’un a dit de sa musique: Chez Philip Glass, le temps n’est pas une continuité, c’est une succession de moments

Avec un tel programme, les non-initiés à la musique répétitive de Glass ou à celle de son contemporain Steve Reich pourraient être en droit de s’attendre à une lecture froide et clinique des oeuvres répertoriées ici. Du tout. Angèle Dubeau n’est pas qu’une violoniste au talent célébré, mais aussi un chef d’orchestre.

«Il fallait, au départ, trouver des oeuvres qui peuvent se jouer au violon. On a rajouté du piano, ou de la harpe et du célesta, notamment sur The Hours Suite. Cette oeuvre avait été écrite pour un ensemble complètement différent du nôtre, mais Michael Riesman, collaborateur de Glass, en a refait un arrangement, une revisite pour cordes, harpe et célesta.»

En dépit d’une carrière de trois décennies qui lui a fait toucher des genres bien plus larges que le répertoire classique traditionnel, Angèle Dubeau admet que l’exécution des oeuvres de Glass représente un défi technique énorme pour une musicienne.

«À prime abord, c’est déstabilisant. Il a fallu plusieurs approches avant que je commence à être satisfaite. Et il faut aussi voir ça dans sa globalité. Seulement une musicienne de La Pietà avait déjà joué du Glass. Il y avait un élément de nouveauté, de découverte et de recherche. Les petites cellules, comme je le disais…»

ARDU

«D’habitude, je ne suis pas crevable en studio. Je peux enchaîner huit heures de violon de suite. Là, durant l’enregistrement, c’était: Piouffff… O.K. On va prendre une petite bouffée d’air dehors? Ça bouillonnait dans le cerveau.»

Si Dubeau est emballée à l’idée de voir son ensemble faire connaître ou redécouvrir la musique de Glass à une nouvelle génération d’amateurs de musique, elle est encore plus fière d’avoir eu le droit d’enregistrer les compositions de Glass.

«C’est la première fois que Philip Glass autorise quelqu’un d’autre que ses propres musiciens à endisquer sa musique. Et c’est la première fois qu’une autre étiquette que la sienne propose sa musique. J’ai vu ça comme une forme de respect mutuel.»

Et, au final, cette musique est tout à fait accessible. «Absolument. Tout a beau être structuré, il se dégage une émotion réelle de cette musique qui est… envoûtante.»

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