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Diane Juster - En croisade pour les droits d'auteur
© Le Journal
Diane Juster

DIANE JUSTER

En croisade pour les droits d'auteur

Agnès Gaudet
12-10-2008 | 04h00

Depuis 27 ans, depuis l’époque où les ayants droit obtenaient un gros 2 cents par vente d’album, Diane Juster mène un long combat.

On ne l’a pas surnommée la «fée des droits d’auteur» pour rien.

La lutte n’a pas été de tout repos et elle se poursuit pour permettre aux auteurs-compositeurs du Québec de recevoir leur dû. Néanmoins, ce n’est pas l’ampleur du boulot qui a miné Diane Juster.

Au contraire, elle est la preuve que le travail ne tue pas. Vous devriez la voir, rayonnante et magnifique à 62 ans, pleine d’énergie et tout sourire.

À la tête de la SPACQ (Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec), qui remettait récemment dix prix de 10000 $ à des artistes d’ici lors de son gala annuel, l’auteure-compositrice, à qui on doit quelquesunes des plus belles chansons du Québec, savoure les petites et grandes victoires une après l’autre.

AVEC PLAMONDON ET MARNAY

Diane Juster a commencé sa croisade après avoir remporté un vif succès avec la chanson de Ginette Reno Je ne suis qu’une chanson (dont elle avait composé paroles et musique), qui devint chanson de l’année en 1980.

Le succès avait été tel que 400000 exemplaires de cet album s’étaient envolés. Malgré ce hit exceptionnel, Diane Juster n’avait amassé pour tout salaire qu’un pauvre 8000 $.

«À l’époque, Eddy Marnay venait de tomber amoureux d’une Québécoise (son amie Mia Dumont) et étant plus âgé, il avait fait la même bataille en France.

Luc Plamondon avait les mêmes inquiétudes, raconte Diane Juster. On s’est réunis dans la cuisine durant dix ans avec des gars comme Stéphane Venne et Gilles Vigneault pour faire changer les choses.»

Avec la SPACQ, qui prend du galon au fil des ans, Diane Juster a peu à peu trouvé les moyens pour convaincre et mettre de la pression. Entourée d’une nouvelle équipe, elle continue de le faire.

«On ne criera jamais assez pour défendre la culture, affirme-t-elle avec conviction, parce que la culture n’est pas toujours très tangible et qu’il est difficile de déterminer ce que valent le talent et l’art, d’y fixer un prix.»

PAS GRATUIT

Selon Diane Juster, le Québec a beaucoup rattrapé la France en matière de droits d’auteur, mais il reste beaucoup à faire. D’autant plus que la musique, on l’entend partout; dans les ascenseurs, les centres commerciaux.

On l’utilise à toutes les sauces pour embellir, promouvoir un produit, une image, agrémenter la vie de tous les jours.

«Et ça, ce n’est pas gratuit, rappelle Diane Juster. Il y a des machines énormes qui utilisent la musique et qui doivent contribuer.

Ce n’est pas l’individu qui fait de son pire pour télécharger illégalement une chanson qui me préoccupe, mais ces gros utilisateurs- là.»

En sollicitant les sociétés québécoises pour obtenir des bourses à remettre aux artistes, Diane Juster sensibilise ces gens-là et leur dresse un portrait de la situation souvent précaire de nos créateurs. Lors de son gala annuel, la Fondation de la SPACQ implique fortement ces donateurs et les gâte.

«Il faut choyer nos commanditaires. Sans eux, dit-elle, il n’y aurait pas de gala.» Pour Diane Juster, les auteurscompositeurs ont besoin d’aide et personne ne roule sur l’or au Québec. Même pas un gars comme Richard Desjardins qui a beaucoup de succès (il a reçu le prix Robert-Charlebois de l’auteur- compositeur ayant rayonné à l’étranger).

«Les arts ne portent pas à la compassion, précise-t-elle, parce qu’il y a les galas, les trophées, les belles robes. Mais quelquesuns réussissent disproportionnellement aux autres.»

Diane Juster se dévoue à la tâche, mais demeure auteure-compositrice dans l’âme. Elle vient de composer la musique d’une mélodie pour Ginette Reno, On aime encore une fois (paroles de Norman Racicot). Elle ne chante plus depuis belle lurette, mais pourrait un jour remonter sur scène «au profit d’une oeuvre d’ici la retraite».

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