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«Nous savons de mieux en mieux saisir l’énergie de nos spectacles sur disque», explique Christophe Mali, de Tryo. |
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TRYO
Nouvelles influences
Philippe Meilleur
11-10-2008 | 04h00
La pause est terminée pour le
quatuor français Tryo. Cinq
ans après Grain de sable, la
bande à Christophe Mali
renouvelle ses revendications
sur Ce que l’on sème, un nouvel
effort qui a la prétention de
capter l’énergie du groupe sur
scène.
La ligne est fort mauvaise, mais la
conversation est intéressante. À
l’autre bout du fil, en direct de
Paris où il se rend à une fête organisée
par sa compagnie de disques,
le chanteur et compositeur Christophe
Mali explique comment est
né le nouveau Tryo.
«Chaque chanson a sa propre histoire,
mais je dirais que les voyages
ont grandement influencé ce
disque, débute-t-il. Pendant la pause
qui a suivi le lancement de mon
album solo, nous avons tous voyagé
de notre côté. Et chacun a ramené
dans ses bagages de nouvelles
influences que nous avons incorporées
à l’album.»
Dans ce cas-ci, nouvelles idées ne
signifie pas changement de cap
spectaculaire. Les 15 chansons du
nouveau disque respectent la formule
consacrée de Tryo, qui baigne
encore dans cet univers reggaefolk
acoustique, que les amateurs
connaissent déjà. Les thèmes restent
aussi très engagés et fédérateurs,
comme on s’y attendait.
«Nous avons voulu repousser les
limites du groupe acoustique que
nous sommes depuis nos débuts»,
décrit Mali.
Le rapport du groupe envers le
concept d’album a changé. Plutôt
que d’être un prétexte pour s’enflammer
sur scène, Ce que l’on
sème espère plutôt capturer l’énergie
des planches pour vivre par
lui-même.
«Nous savons de mieux en mieux
saisir l’énergie de nos spectacles
sur disque, explique Mali. Et je
crois que nous y sommes vraiment
parvenus cette fois. Nous ne nous
sommes imposé aucune limite
pour y arriver.»
ENGAGÉ, MAIS PAS TROP
Un disque de Tryo ne serait pas
complet sans quelques bonnes
charges envers les petits et gros travers
de la société actuelle.
Aussi le
nouveau disque renferme-t-il de
nombreux cris d’alerte pour la sauvegarde
de l’environnement (Tombé
mal, Abdallâh), contre la présidence
française (Marcher droit) ou
simplement sur le mal à l’âme (Bye
Bye).
S’il est très impliqué dans ses
textes, Mali n’y interpelle pas
directement les gouvernements et
les grands décideurs, se contentant
surtout de décrire des situations
plutôt que d’exiger des changements.
Un choix conscient?
«Nous sommes des chansonniers
avant tout, répond-t-il. La liberté
de parole que nous avons nous permet
d’aborder ces thèmes, oui,
mais nous le faisons sur une
musique festive. Tryo n’est pas
qu’un groupe engagé!»
Comme pour confirmer ses dires,
la conversation glisse vers la prochaine
tournée québécoise du quatuor,
qu’on prévoit quelque part
autour du mois de mars.
«Nous avons envie de quelque chose
d’intime, de faire de petites salles
pour être près de notre public.»
Il y a de bonnes habitudes qui ne
se perdront jamais.