5 QUESTIONS À… CATHERINE DURANDLumière et douce mélancoliePascale Gauthier 09-10-2008 | 04h00
L'album Flou et un opus éponyme plus tard, se retrouvant sans maison de disques, la jeune femme prend son destin en main, et surtout, prend le temps de se retrouver. Sans renier ses deux premiers efforts, l'artiste avoue qu'elle ne s'y reconnaissait pas. L'élaboration du troisième album allait donc devenir un important processus de mise au jour de la véritable Catherine Durand, cette auteure-compositrice-interprète qui affectionne la simplicité du folk, les ambiances feutrées et planantes, les textes mélancoliques, introspectifs, et qui ne fait que très peu de compromis concernant sa musique. En 2005, elle surprenait donc ceux qui croyaient la connaître avec Diaporama. En 2008, elle conforte ceux qui l'avaient adoptée par son troisième opus avec Cœurs Migratoires qui récolte les bonnes critiques et autres coups de cœur. Si Catherine Durand a trouvé sa voie, elle n'a certes pas choisi d'y piétiner prudemment en faisant du surplace ou d'y avancer à tâtons. Celle qui signe ici la musique a osé pousser davantage dans les arrangements et instrumentations, osant les orchestrations pour cor français, hautbois ou encore mandoline. La jeune femme enrichit ses compositions avec des collaborations triées sur le volet, dont Catherine Major, un duo avec le chanteur et auteur-compositeur de Karkwa, Louis-Jean Cormier, la Marie-Annick Lépine des Cowboys Fringants et son violon, Dan Thouin et son clavier, Mélanie Auclair, ou Magnolia, et son violoncelle, le tout sous l'œil et les oreilles attentifs de Jocelyn Tellier à la réalisation. Comme pour la tournée Toutes les filles à laquelle elle participait en compagnie de Ginette, Mara Tremblay et Marie-Annick Lépine, Catherine a laissé place à l'improvisation, à l'expression du talent de chacun de ces collaborateurs qu'elle avoue admirer. Bien que l'auteure-compositrice-interprète assume bien donner dans la mélancolie, les ambiances d'une journée grise d'automne et les thèmes d'amour tristounets, la jeune femme ne manque pas d'y insuffler cette lumière qui se dégage de sa personne, semblant nager dans un bonheur pour lequel elle a bien travaillé. Car les larmes peuvent également être de joie.
Votre musique est bien souvent mélancolique, avec ces idées d'amours perdues et de tristes départs. Pourtant, dans la vie, vous êtes une personne plutôt lumineuse…Le fait justement d'avoir la musique comme exutoire, ça me permet de canaliser tous ces sentiments-là qui sont peut-être un peu plus tristounets. C'est le moyen d'expression qui fait que je suis capable de sortir tout ça de moi, qui fait que dans la vie en général je peux être plus légère.
Désiriez-vous dès le départ inviter des auteures-compositrices-interprètes, telles que Catherine Major, Marie-Annick Lépine ou Mélanie Auclair, sur votre quatrième album?C'est venu au cours des années, à travers les rencontres que j'ai faites. Je ne me disais pas il y a deux ans que pour mon prochain album, j'allais avoir plein d'invités. Je ne voyais pas ça du tout. Je me suis rendu compte que je connectais vraiment avec ces filles-là, non seulement au niveau amical, mais au niveau musical aussi. Quand j'ai eu besoin de quelqu'un pour jouer du violoncelle ou du violon sur l'album, c'est sûr que j'ai pensé à ces filles-là, parce que je les connais, parce que je suis bien avec elles, et que je les admire beaucoup. C'est comme ça qu'ont été faits tous mes choix au niveau des musiciens: ce sont des rencontres que j'ai faites au cours des dernières années qui m'ont apporté beaucoup et que j'ai eu envie de poursuivre sur disque.
Vous avez écrit des chansons pour Isabelle Boulay, Stéphanie Lapointe, Renée Martel, Stéphanie Blanchard… Qu'est-ce que ça signifie pour vous d'être chantée par d'autres interprètes?Ça me fait plaisir de savoir qu'il y a des interprètes qui veulent chanter des chansons de Catherine Durand. Ça me touche beaucoup. Et c'est mon métier d'écrire des chansons, donc je ne veux pas non plus me limiter seulement à mes albums. Je trouve ça flatteur et important aussi en tant qu'auteure-compositrice de ne pas écrire seulement pour moi, mais pour d'autres aussi, parce que ça permet à mon travail de voyager encore plus.
Pendant cinq semaines cet été, vous avez animé une émission à la radio Espace Musique. Vous voudriez répéter l'expérience?Honnêtement, je suis bien heureuse d'avoir eu cette chance là. D'ailleurs, disons que je suis sur leur liste d'animateurs remplaçants! Je trouve que c'est quelque chose de connexe à ce que je fais, et en plus, c'est une radio qui est ouverte sur toutes les musiques. C'est sûr que je suis plus à l'aise dans la musique folk, country, et que je connais moins le world, le jazz, le classique… Travailler à Espace Musique, ça m'a ouvert plein d'horizons, ça m'a permis de découvrir plein de trucs. J'ai passé un été musical! C'était vraiment agréable.
Lorsque vous entamiez vos études en cinéma et communications, qu'envisagiez-vous pour votre avenir?Je me voyais travailler dans le milieu des communications, dans une station de télé, ou éventuellement peut-être faire de la direction photo pour des films ou des séries télé. C'est là que je me voyais. Je faisais de la musique, mais c'était plus comme passe-temps, je n'avais jamais vraiment pensé faire une carrière avec ça. C'est arrivé vraiment par hasard. Et maintenant, ça fait dix ans et je ne ferais pas d'autres choses, je suis vraiment bien dans ce que je fais! |