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The Virgins -  «Nous sommes laids et dégoûtants»
© Caroline Ethier
La formation new yorkaise The Virgins était de passage à Montréal dans le cadre du festival Pop Montréal. De gauche à droite: Nick Ackerman, Donald Cumming, Wade Oates et Erik Ratensperger

THE VIRGINS

«Nous sommes laids et dégoûtants»

Caroline Ethier
06-10-2008 | 11h07
Avant de rencontrer Donald Cumming et Wade Oates de la formation new yorkaise The Virgins, de passage au festival Pop Montréal, l’auteure de ces lignes craignait le pire: des vidéos vues sur YouTube les montrent désintéressés, arrogants et avares de réponses en entrevue.

«Ah ah ah! Je suis désolé!, rassure Donald Cumming, chanteur à la tête des Virgins. Tu sais, on a nos bonnes et nos mauvaises journées, comme tout le monde!».

Était-ce à cause de l’air frais, des jolies montréalaises ou de cette tournée qui s’achève, qu’importe, samedi dernier était une bonne journée pour Cumming et Oates qui se sont généreusement prêtés au dépucelage que nous leur avons imposé.

Portrait des «nouveaux Strokes» qui sortaient en juin dernier un premier album éponyme, dix titres canons nonchalamment gloussés sur fond disco, suffit d’écouter Rich Girls, One Week of Danger et She’s Expensive pour s’en convaincre.

Q. La presse musicale prétend que vous êtes les nouveaux Strokes. Comment accueillez-vous ces étiquettes rapides?

Donald Cumming: Je suis un grand fan des Strokes, on prend ça comme un compliment. Et puis les journalistes ont besoin de référence pour écrire leurs critiques. Ils utilisent des raccourcis pour comprendre ce qu’on fait. Et c’est bien d’avoir du feedback sur notre travail. Ça permet aux gens de savoir qu’on existe. Tant qu’on en parle, je trouve ça excitant!

Wade Oates: Surtout quand on nous compare aux Strokes! C’est drôle, quand les Libertines sont arrivés, les critiques ont dit «voilà les Strokes anglais» mais aujourd’hui, ils sont libérés de cette étiquette. Même chose pour Kings of Leon. On a dit qu’ils étaient les Strokes du Sud. Qui les compare aux Strokes aujourd’hui? Quand un band punk émerge, les gens disent «ah, ils sont comme les Sex Pistols mais de la Californie». Les Strokes sont devenus les Sex Pistols de la musique indépendante.

Q. Vous lanciez en juin dernier votre premier album éponyme dont la pochette représente des chiques de gomme à mâcher. D’où vient cette idée?

Wade Oates: Ce qu’on voit sur la pochette est une photo prise par Terry Richardson d’une sculpture sur canevas réalisée par Dan Colen, un de nos amis qui est peintre à New York. Dan avait déjà réalisé quelques trucs avec des gommes à mâcher. Nous l’avons convaincu d’utiliser l’idée pour illustrer notre pochette d’album.

Q. Et quel est le lien entre des morceaux de gomme à mâcher imprégnés de bave et votre musique?

Donald Cumming: Nous voulions faire un album pop et je trouvais parfaite l’idée de l’illustrer avec des chiques de gomme. Et puis ça nous représente aussi, nous sommes laids et un peu dégoutants. Ça faisait du sens de nous représenter comme quelque chose de mâché, de mêlé à de la salive et de collant, qu’on étire avec les doigts!

Q. Sur votre page MySpace, un mélangeur de son virtuel offre la possibilité à vos fans de remixer vos pièces. C’est un exercice que vous faites vous-mêmes?

Wade Oates: Oui, j’en ai même fait plusieurs, c’est vraiment l’fun! Tu sais, nous sommes à l’ère du remix. Les gens peuvent reconstruire nos pièces en mixant huit pistes. C’est cool et à la fois bizarre d’écouter les mixages faits par nos fans.

Donald Cumming: Je n’ai aucune idée de quoi vous parlez! C’est la première fois que j’entends parler de ça. Je ne bidouille pas avec les ordinateurs mais ça l’air cool!

Q. Vous êtes en tournée Nord américaine actuellement. Quel aspect de la tournée préférez-vous?

Donald Cumming: Pour moi, c’est le simple le fait de jouer tous les soirs. Les chansons peuvent prendre des significations différentes selon la foule ou l’état dans lequel je me trouve. Nous adorons jouer sur scène. Ça donne vie à ce qu’on fait. Ça nous garde en vie.

Wade Oates: Moi c’est de rencontrer les gens. Nous avons fait cinq tournées aux É-U, trois en Europe et trois au Canada. Nous rencontrons toujours nos fans après nos spectacles. Ils nous disent qu’ils ont aimé notre concert. Parfois ils nous donnent des cadeaux et nous invitent à leurs partys. Et puis c’est cool de retourner jouer aux mêmes endroits. On revoit des gens rencontrés avant qui cette fois reviennent accompagnés de cinq de leurs amis!

Q. Et qu’aimez-vous le moins en tournée?

Donald Cumming: La bouffe! C’est une horreur! On s’ennuie de la bouffe faite maison!

Wade Oates: Oui, la bouffe. Généralement, on arrive dans une ville vers 18 heures. On fait le test de son, on joue puis on mange vers 23 heures. À cette heure-là, il n’y a que les fastfood qui soient ouverts. Alors on mange mal.

Q. Rassurez-vous, on peut très bien manger à Montréal après 23 heures. Qu’avez-vous le goût de manger?

Donald Cumming: Des cheeseburgers!

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