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Festival de musique émergente - Quand la culture crée l'événement

FESTIVAL DE MUSIQUE ÉMERGENTE

Quand la culture crée l'événement

Philippe Renault
Le Journal de Montréal
31-08-2008 | 07h17
ROUYN-NORANDA | Quel boom culturel a connu Rouyn-Noranda ces dernières années! Dans un passé pas si lointain, la ville ne comptait qu'un événement d'envergure: le Festival international du cinéma, en Abitibi- Témiscamingue. Depuis six ans, les festivals poussent comme des champignons. Un mouvement en quelque sorte enclenché par le Festival de musique émergente.

Le DocuMenteur, le Festival international des guitares du monde, Osisko en lumière, le Carnaval électronique et, bien entendu, le FME. L'essor culturel est indéniable.

«Il y a environ cinq ans, des individus sont revenus dans la région avec le goût qu'il se passe quelque chose. Ils ont poussé des projets, et l'accueil a été favorable», soutient la directrice générale de la Conférence régionale des élus et de l'Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue, Martine Rioux

Par la suite, tout n'a été qu'une question d'effet d'entraînement.

«Cela a donné confiance aux gens créatifs, ajoute-t-elle. Il y avait déjà des piliers comme le Festival du cinéma qui sont passés par là et qui ont agi comme aidants, démontrant aux jeunes de la relève que c'était possible.

«Le FME a, de son côté, entamé la deuxième vague. La créativité attire la créativité. L'impact s'est même fait sentir dans les autres MRC de la région. Rouyn- Noranda a été un modèle», poursuit-elle.

Les retombées sont évidemment importantes.

«C'est sûr qu'il y a des retombées, qui sont toutes aussi importantes que le sentiment de fierté de faire partie de ce mouvement. La région, soutient-elle, connaît le plus grand taux de retour de jeunes au Québec, avec près de 80 % (selon le programme Place aux jeunes).

«Oui, il y a un impact économique, mais il y a beaucoup d'autres éléments, comme le développement du processus identitaire et du rayonnement à l'extérieur, ce qui dépasse le point de vue économique. Dans notre planification stratégique, la culture arrive maintenant en premier. "

Le goût de revenir

Pour un artiste originaire de cette municipalité québécoise comme Philippe B, il n'y a aucun doute que cet essor renforce le sentiment d'appartenance des Rouynorandiens envers leur ville.

«Ça devient une place intéressante où habiter. Mon principal rapport avec la culture avec Rouyn-Noranda est le FME. S'il y avait eu ça quand j'avais 16 ans, j'aurais capoté!», dit-il.

«Côté musique alternative, il n'y avait pas grand-chose. Je connais même plusieurs personnes qui habitaient Montréal et qui sont revenues dans les dix dernières années.»

Cet engouement s'est même répandu chez les artistes.

«Il y a des artistes intéressants qui sont revenus travailler ici, comme Geneviève et Mathieu (duo qui allie chanson et arts visuels), qui ont créé un intérêt en mettant sur pied la galerie d'art L'Écart. Cela a allumé quelque chose, tandis que le FME est venu en rajouter», souligne- t-il.prenault@journalmtl.com

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RAYONNEMENT INTERNATIONAL

La renommée du FME va au-delà de nos frontières. Une fois de plus cette année, ils sont nombreux, les diffuseurs et les journalistes à s'être déplacés depuis l'autre côté de l'Atlantique afin d'assister à l'événement. En plus de quatre représentants de médias français, plusieurs programmeurs et diffuseurs de festivals d'envergure en Europe, dont Garorock (France) et le Budapest Autumn Festival (Hongrie), ont fait le voyage. Un rayonnement extraordinaire pour la région et surtout une belle porte d'entrée sur l'autre continent pour bien des artistes.

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UNE FINALE BRUTALE

ROUYN-NORANDA | Hé oui, le FME se termine déjà ce soir, après une soixantaine de représentations en cinq jours ! Question de laisser repartir les festivaliers avec la tête qui résonne plein de lourds accords, le festival proposera en clôture la désormais traditionnelle soirée métal au Petit Théâtre de Noranda. Les formations Korpius, Archons et Despised Icon (photo), toutes originaires du Québec, feront résonner les tympans des métalleux abitibiens à compter de minuit.

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Beast: un groupe qui fait jaser

Le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue reçoit ce soir Beast, un groupe qui fait jaser depuis déjà des mois, même s'il ne possède toujours pas d'album.

Le projet mené par Betty Bonifassi (Champion, Les Triplettes de Belleville) et Jean-Phi Goncalvès (Plaster) s'apprête à connaître une grande éclosion avec la sortie d'un premier disque le 30 septembre. Les Rouynorandiens pourront se targuer de les avoir vus à l'oeuvre avant l'explosion.

Mentionnons tout d'abord que Beast était à la base un projet solo de Jean-Phi Goncalvès. Betty Bonifassi devait prêter sa voix à une chanson seulement. Mais lorsque les grands esprits se rencontrent...

«Je travaillais des tounes pour de la musique pour un projet quelconque, peut-être un film. J'ai demandé à Betty de chanter une toune. J'ai alors oublié le démo et voulu faire un album avec elle», relate de batteur et programmeur.

Puis est venue la première apparition publique au printemps dernier, à l'occasion du gala MIMI. Une prestation percutante qui a provoqué une véritable onde de choc sur la scène montréalaise.

«C'était un beau moment. Mais nous étions morts de trouille! J'ai senti qu'il s'était passé quelque chose, sans savoir si c'était dithyrambique ou pas. Ç'a été un véritable détonateur révélateur pour notre avenir» relate la chanteuse.

Il n'en fallait donc pas plus pour créer de grandes attentes.

«Ce qui est difficile, c'est surtout de se retenir parce que le monde a le goût de nous voir. On ne veut pas donner trop de shows, comme si nous avions déjà un album. Je pense que la pression va venir après la sortie de l'album parce qu'il y a plusieurs chansons que les gens ne connaissent pas encore. On ne veut pas les décevoir; on veut offrir des shows de qualité», considère Betty.

«Je suis content qu'il y ait un buzz, si c'est vraiment le cas. C'est mieux de sortir un album lorsqu'il y a un buzz et que les gens l'attendent. Pour le moment, la pression se fait surtout ressentir pour nos spectacles», ajoute Jean-Phi.

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