FRANCOFOLIESUne progression vertigineusePhilippe Renault Le Journal de Montréal 19-07-2008 | 04h00
Survient alors une panne d’électricité. Pas de problème, le chanteur et guitariste sort de la salle, grimpe sur le toit d’une voiture et poursuit sa performance en version acoustique. Nul doute à ce moment, les FrancoFolies, qui en étaient à leur première présentation, allaient se tailler une place de choix dans le coeur des mélomanes grâce à une programmation à la fois avant-gardiste et rassembleuse. Vingt ans plus tard, personne ne doute de la pertinence des FrancoFolies. À VOIR AUSSI
Une progression vertigineuse que son président et fondateur, Alain Simard, a vécue à fond de train. Ce dernier se rappelle d’ailleurs bien des circonstances qui ont mené à la naissance des Francos. «J’étais avec Guy Latraverse dans le conseil d’administration de l’ADISQ. Il y avait alors un creux dans la chanson francophone au Québec et on voulait créer un festival pour faire la promotion de celle-ci. «À l’époque, Jean-Louis Foulquier, des Francofolies de La Rochelle, rêvait de transporter le festival à New York. On lui a demandé pourquoi on ne tenterait pas plutôt l’expérience à Montréal, en essayant de créer une synergie entre la France et le Québec», relate-t-il. CONJONCTURE DIFFICILE Le pari était donc énorme devant une conjoncture très peu propice au développement de la scène québécoise. «C’était vraiment notre objectif à cette époque. Il y avait une petite crise économique et même les jeunes cégépiens considéraient presque comme quétaine de dire qu’ils aimaient la musique francophone. Tant mieux si nous avons joué un petit rôle et fait en sorte que les autres générations s’approprient de cette musique», exprime-t-il. «C’est vrai que nous sommes devenus le plus important festival francophone du monde et un rendez-vous incontournable de l’industrie. De plus, nous avons été un tremplin pour tellement d’artistes!» soutient-il. DE PLUS EN PLUS JEUNE Le nouveau vent qui souffle sur l’industrie québécoise depuis quelques années s’est naturellement fait sentir dans la programmation des Francos, mais aussi, par la bande, dans l’assistance du festival. En 1994, 44% des festivaliers étaient âgés de moins de 35 ans. En 2002, c’étaient les deux tiers. «L’âge moyen des spectateurs a beaucoup baissé, sans compter que les communautés culturelles y sont de plus en plus présentes. Je trouve ça plaisant de voir un groupe de jeunes aller voir un spectacle d’un artiste d’origine haïtienne sur une scène, puis se diriger vers un show d’un Québécois de souche. Ils sont fiers de leur musique. «C’était d’ailleurs notre but lorsque nous avons engagé Laurent Saulnier à la programmation. On a beau dire qu’il y a une crise du disque en ce moment, il y a quand même un dynamisme très fort dans le milieu de la musique», conclut-il.
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