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Aux Intouchables - Les quatre décennies de Réjean Tremblay
© Canoë/aroline Ethier
Le chroniqueur et auteur Réjean Tremblay lançait, lundi, Quatre décennies sur cinq continents, un recueil de ses meilleures chroniques.

AUX INTOUCHABLES

Les quatre décennies de Réjean Tremblay

Caroline Ethier
29-09-2008 | 23h08
Dernière modification : 23h11
Réunir les meilleurs textes de Réjean Tremblay depuis qu’il tient la plume à La Presse est un exploit quand on réalise que le prolifique journaliste y a signé tout près de 15 000 chroniques depuis son entrée en 1974.

Des articles écrits dans le feu de l’action sur les passerelles des arénas, dans les salles de presse, les chambres d’hôtel et les aéroports sont aujourd’hui regroupés dans Quatre décennies sur cinq continents, publié aux Intouchables. Ce morceau de bravoure a été réalisé grâce au travail acharné de trois filles de moins de 30 ans, Sophie Ginoux, Mylène Des Cheneaux et Ingrid Remazeilles.

«Michel Brûlé m’avait promis que je n’aurais pas à travailler et que son équipe prendrait ce projet en mains. Les filles ont fait un premier tri de 1 200 chroniques et les ont réduites à 450 qu’elles m’ont acheminées. J’ai commencé à les lire, mais comme on revit ce qu’on a vécu, le travail n’avançait pas, alors je leur ai proposé qu’elles fassent le tri final elles-mêmes», racontait Réjean Tremblay à la foule présente au lancement de son livre.

«Si trois filles de 30 ans trouvent dans ces chroniques des sujets qui les intéressent et qui les font vibrer, il y a de fortes chances que ça puisse rejoindre les moins de 35 ans. Dans le fond, c’est leur livre à elles», affirme le journaliste sportif.

Un métier extraordinaire

Elle est toujours ardente la passion qui anime Réjean Tremblay, même après 34 ans de journalisme à la même adresse.

«La Presse laisse une liberté extraordinaire aux journalistes. À ma connaissance, il y a peut-être trois ou quatre mots qu’on m’a fait changer en 34 ans. C’était correct, mais j’ai gueulé en maudit!, a lancé le journaliste avec humour. Je fais un métier que je trouve extraordinaire. Ça fait 34 ans que je suis à La Presse. Je pense qu’il y a un article de loi qui les oblige à me garder jusqu’à 80 ans!»

Et pourquoi ce livre est-il publié aux Intouchables plutôt qu’aux Éditions La Presse? «Honnêtement, parce qu’il n’y a personne à La Presse qui soit aussi fou que Michel Brûlé!»

Plus beaux souvenirs

Pour avoir couvert l’actualité sportive pendant quatre décennies, Réjean Tremblay est un témoin vivant des événements qui ont changé nos sociétés. Ses plus beaux souvenirs?

«Les Olympiques de Moscou en 1980. C’était la guerre froide et comme le Canada boycottait les Olympiques, il n’y avait pas d’équipe canadienne, même Radio-Canada n’y était pas. La Presse m’a quand même envoyé et on m’a donné la liberté d’écrire sur n’importe quoi, sauf sur les Jeux olympiques. Je me rappelle avoir écrit au sujet des jeunes. Il y avait une discothèque à Moscou où j’ai rencontré des jeunes qui avaient appris l’anglais en écoutant l’Album Blanc des Beatles. Nous avions échangé sur la sens des paroles de la musique des Beatles», raconte le journaliste.

«Mais la journée que j’ai trouvée la plus trippante de ma carrière c’est lorsque Jacques Villeneuve a remporté le Championnat du monde de Formule 1 à Jerez et que Schumacher a tenté de le sortir de piste. Je me souviens, j’avais travaillé jusqu’à très tard dans la nuit. C’était le 26 octobre 1997.»

Pourquoi le sport?

Enseignant d’abord le grec et le latin, Réjean Tremblay assure que la passion pour le sport n’est pas à l’origine des chroniques qu’il signe à La Presse depuis 1975: «Je n’ai jamais eu de passion pour le sport. J’ai débuté à La Presse en 1974 aux faits divers, de nuit, comme Michel Gagné dans Scoop. Puis, il s’est ouvert un poste. On m’a donné le choix entre chroniqueur municipal ou couvrir le Canadien, ce qui voulait dire voyager et apprendre l’anglais.»

Pourquoi a-t-il toujours refusé de quitter le sport? «Parce que ça me permet d’écrire. Ce qui est intéressant dans le sport c’est le human story, tout ce qui touche les émotions comme le fait de perdre ou de gagner.»

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