Accueil Divertissement
 
 
24 heures
Exclusif - Cinq questions à... Catherine de Léan
© Flash Film
Catherine de Léan dans La Capture

EXCLUSIF

Cinq questions à...
Catherine de Léan

Propos recueillis par Pascale Gauthier
29-08-2008 | 09h39
Elle sortait à peine du Conservatoire d'art dramatique, mais Stéphane Lapointe n'avait pas hésité à confier à l'actrice débutante un premier rôle dans son film La vie secrète des gens heureux, ne lésinant pas sur les louanges à l'égard de sa « découverte ». Depuis cette année 2006, Catherine de Léan ne s'est pas reposée sur ses lauriers, devenant la méchante fille populaire d'une école secondaire dans À vos marques, Party, puis assumant le rôle principal du dernier film de Carole Laure La Capture, sans oublier ses apparitions au petit écran dans les séries populaires que sont C.A. et Les hauts et les bas de Sophie Paquin, ainsi qu'au théâtre avec la pièce Août, un repas à la campagne.

À travers ses engagements, la jeune femme présentait au printemps dernier la pièce Les Boxeuses, une première création pour sa compagnie théâtrale Les Cousines Canines qui reviendra à la saison automne-hiver du théâtre de La Petite Licorne.

Mais en ce moment, Catherine nous revient au grand écran en jeune mère monoparentale qui, récemment sortie de désintoxication, ne semble pas trop savoir comment faire pour vivre autrement qu'avant.

Présenté cette semaine en grande première au Festival des Films du Monde, Le Banquet, nouveau film de Sébastien Rose, est un drame où trois histoires se croisent, posant des questions sur la transmission des valeurs, du patrimoine familial, sur un système universitaire déficient qui a su se bâtir sur des mensonges affectant aujourd'hui les jeunes générations… Rencontre avec une jeune femme charmante et à l'avenir prometteur.

Bien que vous ne soyez dans le métier que depuis trois ans, vous permettez-vous de refuser certains projets qui ne correspondraient pas à une ligne de conduite que vous vous seriez fixée?

Lisez les cinq premières questions posées à Catherine de Léan en vous procurant le 24 heures, édition du jeudi 28 août.

Cliquez ici pour connaître le point de cueillette le plus près de chez vous ou rendez-vous sur le site Internet du 24 heures

Oui, un peu… En fait, je suis très contente d’avoir été appelée par les producteurs pour les projets que j’ai faits jusqu’à maintenant. Je suis très heureuse d’avoir pu interpréter toute une gamme de personnages et de styles.

Mais oui, j'essaie un peu de choisir, avec la marge de manœuvre que j’ai, parce que je veux travailler! Soit le personnage m’intéresse vraiment, soit le réalisateur m’intéresse vraiment, soit je me dis que c’est une œuvre que j’aurais envie d’aller voir en tant que public.

Quand je vois un film que j’aime, je me dis que j’aimerais ça jouer dans ce film-là. J’essaie d’avoir un peu la même vision quand je regarde un projet. C’est un peu ça mes critères.

Vous veniez à peine de sortir de l'école de théâtre que vous aviez un premier rôle au cinéma. On parlait de vous en termes fort élogieux. Est-ce facile de rester terre-à-terre dans ce contexte?

C’est sûr que ça peut être bien étourdissant ce métier-là. C'est quelque chose d’arriver là-dedans comme j'y suis arrivée. C’est un univers de travail à apprivoiser. Tu sors de l’école, tu arrives dans ton métier et tu ne sais pas c’est quoi jusqu’à temps que tu le vives. Quand il y a un buzz autour de quelque chose, tu te laisses comme emporter, donc ça lève, et après, ça redescend. Donc c’est ça, tu apprends à lever et à redescendre après. Ça ne sert à rien de trop résister non plus... Quand ça lève, ça lève, et quand ça retombe tranquillement, tu suis.

Vous venez de vivre trois années bien remplies où vous avez eu des projets diversifiés. Constatez-vous déjà une réelle évolution personnelle?

Oui, c’est sûr! Au niveau de la confiance, et sur le plateau aussi. Parce que faire le métier, ce n’est pas que jouer, c’est aussi être quelqu’un qui évolue dans ce milieu-là; ce n’est pas évident de savoir où est ma place. Ce n’est pas de crier pour avoir un verre d’eau comme les divas le font. Sur un plateau, tu ne te sers pas de ton autonomie, tu n’as pas tes choses, tu ne sais pas quand on arrête, tu ne sais rien en fait.

C’est pour ça qu’on est toujours en train de demander que les autres s’occupent de nous parce que nous, on peut pas s’en aller ou aller aux toilettes à la minute où on a besoin. Il faut trouver sa place, son équilibre là-dedans. J’ai appris donc à voir plus comment agir, à voir où je dois être et où je ne dois pas être sur le plateau.

Le grand public vous a vue d'abord au cinéma, puis à la télé, mais aviez-vous davantage une vocation pour le théâtre?

Non, pour moi, c’est comme un buffet. Je veux goûter à plein d’affaires! Je suis ouverte aux propositions. J’ai eu une proposition au cinéma tout de suite en sortant de l’école. Après, j’ai joué au théâtre, et je constate que c’est là qu’on est le plus dans le jeu. Alors j’ai vraiment envie de faire du théâtre parce que c’est vraiment là que l’acteur a le contrôle sur sa performance. Sur scène, on a le lien direct avec le public aussi, alors qu’au cinéma, on l’a avec la caméra. Quand c’est live, c’est plus intense. Il n’y a pas de coupure. On sent que le public lève, on sent que ça redescend, on sent tout ça alors on joue avec ça. C’est riche comme expérience. Mais j’adore jouer pour la caméra aussi, beaucoup. C’est un autre jeu.

Avec votre compagnie Les Cousines Canines, vous dites vouloir faire des œuvres où vous prenez position, vous devez donc vous attendre à faire parfois face à des gens qui auront une vision différente de celle que vous proposez…

C'est vrai. Pour notre pièce Les Boxeuses, il y a une féministe qui nous a écrit pour nous dire qu’on avait une vision masculine des rapports entre femmes. De dire qu’il y avait de la compétition et des rivalités qui étaient proprement féminines, je pense aussi que c'était d'aller à l’encontre d’un mouvement féministe qui dit « Soyons toutes les femmes ensemble, soyons solidaires, soyons fortes ensemble ». Mais ce qui nous intéressait, c’était plus de parler de choses qu’on avait vécues, de comment ça peut être cruel, comment ça peut être sournois aussi… À quelque part, c’est de dire « Soyons de bonne guerre, soyons de bonnes boxeuses dans la vie, apprenons à nous confronter et à discuter et soyons plus grandes de ces rencontres-là ».

C’est ça aussi le point de vue qu’on admire. Et c’est ludique comme spectacle, c'est divertissant. Quand je vais voir un spectacle, j’aime ça quand je suis interpellée par ce qui se passe sur la scène, j’aime ça quand ça me parle par le sujet, mais aussi par la façon dont c’est fait. J'aime être divertie. Ça nous fait plaisir de faire une pièce qu'on aimerait aller voir!

Catherine de Léan se retrouve aux côtés de Raymond Bouchard, Alexis Martin, Benoît McGinnis, Frédéric Pierre et Julie McClemens dans Le Banquet, troisième film du cinéaste Sébastien Rose. Au théâtre, vous pourrez la retrouver en novembre dans Les Boxeuses à La Petite Licorne, et, en 2009, au Rideau Vert dans L'effet des rayons gamma sur les vieux garçons, pièce de Paul Zindel adaptée par Michel Tremblay.

haut