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Notre critique - City of Ember (La Cité de l'ombre)
Cote de Canoë
2.5/5

NOTRE CRITIQUE

City of Ember (La Cité de l'ombre)

vu et commenté par Martin Morin
12-10-2008 | 20h25
Second long-métrage du réalisateur Gil Kenan – qui a commis le film d’animation Monster House en 2006 - City of Ember (La Cité de l’ombre) trouve malheureusement sa place aux côtés des (trop?) nombreuses adaptations de romans destinés au jeune public qui sont remâchées rapidement, les privant de leur âme. Encore une fois, une bonne idée et une mise en scène méticuleuse ne sont pas garantes d’un résultat à la hauteur de l’oeuvre originale. Doit-on blâmer la transposition au grand écran?

C’est au cours de la décennie des années ‘80 que l’auteure Jeanne Duprau écrivait The City of Ember, un roman qui tirait sa source, selon l’écrivaine, dans la peur des attaques nucléaires des années 50 et 60.

L’histoire raconte cette quête de survie de l’Humanité qui, à la veille d’une fin annoncée, trouve refuge sous terre dans la cité appelée Ember. Au coeur de la ville, une génératrice doit en assurer l’autonomie énergétique pour 200 ans. Les «bâtisseurs» auront pris soin de laisser des indices à leur descendance – si elle survit jusque là – afin que celle-ci puisse regagner la surface terrestre une fois ce «purgatoire» terminé.

Or, le temps faisant ce qu’il fait de mieux, la mémoire s’estompe et le message des bâtisseurs tombe dans l’oubli… jusqu’à ce que deux jeunes citadins retrouvent la boîte contenant lesdits indices. Mus par l’urgence de fuir une ville qui se désagrège peu à peu et par le désir de découvrir ce qui se cache au-delà des limites de cette ville souterraine.

C’est à Bill Murray (Lost in Translation) que revient le rôle du maire de la bourgade, que l’on croirait écrit pour lui. C’est sans effort aucun qu’il campe cet élu dont le sort de son électorat lui passe - c’est le cas de le dire – bien au-dessus de la tête. Sans effort, car Murray est un grand habitué des rôles nonchalants. Évidemment, c’est toujours un plaisir de le retrouver.

Inventeur excentrique, Tim Robbins est la courroie d’allumage des deux jeunes qui tentent de sauver la Cité et ses habitants. Sympathique dans son jeu, l’acteur se contente d’y aller avec une composition austère et maintes fois vue du bon père mauvais communicateur mais dont les leçons de vie – appelons cela comme ça – trouvent malgré tout leur chemin dans la tête d’un adolescent fougueux mais impétueux.

L’agréable surprise ici est Martin Landau (rappelez vous son impeccable Bela Lugosi dans le Ed Wood de Tim Burton). En «technicien de canalisation» épuisé et blasé, il vole la vedette à chacune de ses (trop courtes) apparitions.

On ne peut nier la grande qualité de la mise en scène. Quelque part entre le Dark City d’Alex Projas, le Brazil de Terry Gilliam et les premières oeuvres de Caro et Jeunet (Delicatessen, La Cité des enfants perdus), Gil Kenan et son équipe ont recréé un espace glauque, ténébreux et quasi-étouffant dont on a nous-même envie de sortir au plus vite.

Malheureusement, malgré un début fort prometteur, le rythme du film prend de la vitesse dans le triste but d’arriver à la conclusion le plus rapidement possible, sans égard aux nombreux trous qui parsèment la seconde moitié du film. On devine bien avant que les lumières ne soient tamisées en début de séance quelle en sera la conclusion. Était-il trop demander de s’y faire mener tranquillement et d’apprécier plus posément l’histoire pour sa valeur intrinsèque et non pour sa finalité rose bonbon? Il aura fallu deux siècles pour que l’Humanité retrouve sa liberté; Qu’auraient été quelques dizaines de minutes supplémentaires pour nous le raconter?