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Drôle, tendre et touchant - C’est pas moi, je le jure!
Cote de Canoë
3.5/5

DRÔLE, TENDRE ET TOUCHANT

C’est pas moi, je le jure!

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
27-09-2008 | 05h00
Avec C’est pas moi, je le jure!, son troisième long métrage, Philippe Falardeau signe son film le plus accessible, et le plus attendrissant aussi.

Deux ans après le très célébré Congoroma, Falardeau change donc totalement de registre avec cette comédie dramatique adaptée de deux romans de Bruno Hébert (surtout celui du même titre), C’est pas moi, je le jure!

Après nous avoir habitués à des films plus intellos et plus «cérébraux» (l’expression est de lui), le voilà qui joue la carte de l’émotion avec un portrait d’enfance drôle, tendre et touchant.

C’est pas moi, je le jure! nous amène donc en 1968, dans l’univers du petit Léon Doré (Antoine L’Écuyer), un garçon de dix ans pas comme les autres.

BOMBE À RETARDEMENT

Véritable bombe à retardement, menteur invétéré et amateur de jeux risqués et dangereux (il passe même à un cheveu de se pendre accidentellement dans l’arbre devant sa maison), Léon n’hésite pas, par exemple, à lancer des œufs sur les fenêtres des voisins et même à entrer par infraction dans les maisons de ceux partis en vacances.

Les engueulades répétées entre ses parents (Suzanne Clément et Daniel Brière) et le départ subit de sa mère, qui souhaite aller refaire sa vie en Grèce, n’amélioreront forcément pas son cas. Heureusement, il y a la belle Léa (Catherine Faucher), sa voisine, avec laquelle il concoctera un plan pour aller rejoindre sa mère en Grèce…

Sur le plan cinématographique, le nouveau film de Falardeau est certainement son plus abouti. Visuellement, le cinéaste soigné son film comme il ne l’avait jamais fait auparavant. La photographie d’André Turpin est superbe, les décors sont à la fois sobres et efficaces. Certains plans (notamment dans la salle de quilles) sont particulièrement beaux et léchés.

Bref, visuellement, on est loin de la facture documentaire des deux premiers films de Falardeau (La Moitié gauche du frigo et Congoroma), tournés caméra à l’épaule…

HUMOUR ET TENDRESSE

Cela dit, si la facture visuelle est différente, on reconnaît quand même ici très bien l’humour fin et mordant de Falardeau. Son scénario est truffé de scènes délicieusement absurdes et de répliques savoureuses qui illustrent merveilleusement bien le mélange de naïveté et de perspicacité qu’on retrouve dans l’esprit des enfants.

Et Falardeau a su bien doser humour et émotion. Bien écrit et bien joué (mention spéciale à l’extraordinaire et attachant Antoine L’Écuyer), son film émeut et attendrit, sans jamais trop pousser la note de l’émotion. Le cinéaste a su éviter aussi de tomber dans la nostalgie en faisant par exemple le choix judicieux de confier la musique de son film à l’excellent auteur-compositeur- interprète Patrick Watson.

En revanche, son film souffre de quelques petits problèmes de scénario, ici et là. On aurait aimé par exemple mieux connaître les motivations du père, joué par Daniel Brière, et plus comprendre les vraies raisons du départ de la mère, campée par Suzanne Clément.

N’empêche. Ce premier film familial et volontairement populaire de Falardeau est une belle réussite, qui lui permettra, espérons-le, de toucher enfin un large public.