DU DÉJÀ VU
Traitor
Bruno Lapointe
Le Journal de Montréal
30-08-2008 | 05h00
Combien de films s’inspirant des conflits
politiques internationaux sont parus sur nos
écrans dans les dernières années
Beaucoup. Même s’il est efficace et
pertinent,
Traitor souffrira des inévitables
comparaisons avec ses prédécesseurs.
Un agent du FBI arpente la planète dans l’espoir
de trouver un militaire qui pourrait détenir le
secret d’un complot d’espionnage à l’échelle
internationale.
Mais rien n’est jamais aussi simple. L’enquête
poussera les autorités policières à creuser et tenter
de délier d’épaisses toiles de mensonges et de
secrets.
ENTRE DEUX CHAISES
En s’éparpillant dans une quinzaine de villes et
sur trois continents, on semble avoir perdu le
point de mire, l’essence même de Traitor. Le récit
tire dans toutes les directions, tantôt flirtant avec
le drame politique, tantôt avec le film d’action.
Malheureusement, il ne choisit jamais dans quel
camp se ranger.
Le suspense est mal soutenu et s’affaisse à plusieurs
moments. Alors qu’on tente de le rescaper,
il est trop tard et l’intérêt des cinéphiles s’est déjà
effrité.
Heureusement, on peut se rabattre sur les interprétations
fort convaincantes de Guy Pearce et
Don Cheadle. Les deux acteurs, dont la renommée
n’est plus à faire, sont hautement efficaces. Comme
ils portent le film tour à tour sur leurs épaules, leur
talent était conditionnel à la réussite de Traitor.
Don Cheadle, nommé aux Oscars à la suite de sa
participation au film Hotel Rwanda en 2004, est
la hauteur de sa réputation. Il rend justice à la
complexité de son personnage avec grâce et
talent.
De son côté, Guy Pearce est tout aussi efficace en
agent du FBI. Il réussit à teinter son personnage
de nuances et de personnalité et ainsi se détacher
des clichés d’usage.
Les deux hommes sont secondés à l’écran par
les acteurs Jeff Daniels et Neal McDonough, complétant
ainsi une distribution surprenante mais
efficace.
RIEN DE NOUVEAU
Mais tout ceci ne peut masquer le sentiment de
déjà-vu qui accompagne le film Traitor. Au
nombre de films semblables ayant pris l’affiche
récemment, les créateurs de celui-ci auraient dû
se creuser les méninges afin de trouver un nouvel
angle à exploiter, une avenue différente à explorer.
Donc, même si Traitor est par moments prenant,
sa pertinence pourrait être à discuter. Pourquoi
encore nous resservir les mêmes situations, les
mêmes histoires, si ce n’est pas pour nous apporter
un brin de nouveauté?