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Presque un coup de circuit - Un été sans point ni coup sûr
Cote de Canoë
3/5

PRESQUE UN COUP DE CIRCUIT

Un été sans point ni coup sûr

Bruno Lapointe
Le Journal de Montréal
04-08-2008 | 10h27
Avec ses airs rétro, son ton sympathique et son manque total de prétention, Un été sans point ni coup sûr deviendra sans doute le feel good movie de l'été. Une étincelle de plus et ça aurait pu être LE film de l'été.

Été 1969. L'odeur de la révolution flotte sur le Québec. On marche sur la Lune. L'émancipation féminine pointe à l'horizon, mais certains se résignent à demeurer les deux pieds dans la tradition. Puis, il y a les enfants. La fièvre du baseball s'empare des quartiers et les jeunes passent leurs journées à se lancer la balle dans les champs.

La folie du baseball se cristallise avec le premier match des Expos au parc Jarry. Du coup, tous les jeunes veulent jouer à la balle. Mais pour le jeune Martin, son rêve se heurte à la réalité lorsqu'il est balayé du revers de la main par l'équipe de son quartier.

Il revient alors à son père de prendre les choses en main en s'improvisant entraîneur d'une autre équipe, celle-ci composée de tous les laissés-pour-compte.

UN SCÉNARIO HABILEMENT FIGNOLÉ

En signant lui-même l'adaptation de son roman Un été sans point ni coup sûr, Marc Robitaille s'est vu offrir une chance de revisiter son récit. Son scénario est merveilleusement bien écrit, jetant un regard tendre sur l'époque dans laquelle s'est déroulée sa jeunesse.

Puis, en transposant ce scénario l'écran, Francis Leclerc y ajoute sa vision bien particulière, sa touche de magie. Le réalisateur fait montre d'un réel souci du détail, tant par sa reconstitution historique que par les images qu'il propose. Sa sensibilité transparaît, transformant les scènes les plus banales en plaisir pour les yeux.

Afin de donner vie à ses personnages, Francis Leclerc a réussi à réunir une brochette de jeunes talentueux, certes, mais également attachants. Et ça, c'est un exploit en soi. On se fait donc un plaisir de suivre les jeunes le temps d'un été, partageant leurs joies, mais également leurs déceptions, leurs quêtes et leurs ambitions.

Pier-Luc Funk, nouvelle tête d'affiche, est probablement le meilleur choix pour camper le personnage principal. Il est bien sûr attachant et, surtout, il a une présence indéniable à l'écran. Et c'est probablement ce qui compte le plus.

Soulignons également Patrice Robitaille, hautement efficace dans le rôle d'un père pris entre la tradition et le modernisme dont le seul désir est de se rapprocher de son fils.

IDENTIFICATION PLUS DIFFICILE

C'est toutefois au chapitre du sentiment d'identification que ça colle un peu moins. La réalité des jeunes de 1969 et celle de 2008 sont bien différentes. Plusieurs adolescents actuels auront donc du mal se reconnaître chez Martin, Crevette, Pete et leur bande.

On veut se laisser toucher par ce récit, on veut se laisser émouvoir, on veut tous être conquis. Malheureusement, il y manque ce petit je-ne-sais-quoi qui nous ferait bondir de notre siège et encourager les laissés-pour-compte. Vraiment, une petite étincelle aurait suffi pour faire d'Un été sans point ni coup sûr LE film de l'été. Il n'en demeure pas moins un film efficace et intelligent qui saura rappeler de doux souvenirs aux plus nostalgiques.