INFINIMENT LABRECQUE!
Infiniment Québec
par Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
30-07-2008 | 01h02
En voyant son documentaire Infiniment Québec, il
apparaît impossible de douter de l’amour et de
la passion qu’entretient pour sa ville natale le
cinéaste Jean-Claude Labrecque.
Un peu tout le monde, a priori résidants
de la Vieille Capitale, croit avoir tout
vu de Québec, connaître ses moindres
recoins, ses plus beaux atours et sa fabuleuse
histoire.
Or, voici qu’apparaissent devant l’objectif
de ce fidèle enfant de Québec des images
exclusives et lumineuses de lieux pourtant
mille fois parcourus, visités et admirés.
Saisissant l’âme de son sujet du haut des
airs, à hauteur d’homme, à pied, en
calèche, Labrecque perce la muraille du
temps à la recherche du présent et en
quête du passé.
Il capte des images inédites de sites pourtant
très touristiques – le château Frontenac,
les caléchiers, le fleuve, la rue du Trésor
– qu’il parvient à présenter sous un
autre jour. Il nourrit le quotidien de petits
détails qui sèment l’émotion. Il n’y a rien
de neuf à voir deux amoureux se bécoter,
mais ceux qu’il surprend allongés sur la
pelouse en haut de la porte Saint-Jean
donnent un chaud frisson au coeur.
On sent presque l’âcre odeur de la
poudre à canon quand sa caméra s’installe
devant des aquarelles peintes par des officiers
anglais illustrant la bataille des
plaines d’Abraham et la prise de Québec
en 1759. Un long plan rapproché sur le
visage d’un Montcalm moribond fixe l’agonie
et le destin de cette Nouvelle-France
changeant de maître…
Puisant abondamment dans les archives,
le cinéaste retourne aux sources du Vieux-
Québec. Cartes, gravures, photos et
tableaux prennent vie avec la complicité
de voix, bruits et clameurs qui s’élèvent
dans les rues et ruelles à l’intérieur des
fortifications.
Le ton du documentaire est personnel,
l’auteur ayant choisi de raconter une amitié
de jeunesse avec un jeune aristocrate
français, Sixte-Henri de Bourbon Parme,
élève comme lui au pensionnat des soeurs
Grises. Ils vont «marcher ensemble» le
Vieux-Québec.
Gilbert Sicotte assume la narration du
récit des souvenirs d’enfance de
Labrecque. Ailleurs, c’est la musique et la
voix de Jorane, envoûtantes comme le
chant des sirènes, qui bercent l’humeur
des saisons au fil des 400 ans d’histoire
revisités en moins de une heure.
Les quatre saisons se pointent au rendez-vous,
mais c’est l’hiver qui impose le plus
sa présence, comme le savent si bien les
gens là-bas…
Infiniment Québec, un pur délice, un vrai
plaisir pour les yeux, une chaleur à l’âme.
À vrai dire, ce documentaire porte la
signature d’un infiniment Labrecque!
Infiniment Québec voit sa projection précédée
par celle du premier film de Jean-
Claude Labrecque, 60 Cycles, un documentaire
de 16 minutes réalisé en 1965 dans le
cadre de l’épreuve cycliste Le Tour du
Saint-Laurent.