ÇA VOLE BAS, TRÈS TRÈS BAS
Step Brothers (Demi-frères)
Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
26-07-2008 | 05h00
Will Ferrell et,
étonnamment, John
C. Reilly repoussent les
limites de la grivoiserie,
de la grossièreté, de la
vulgarité et de la bêtise
dans la comédie
Demi-frères,
un film qui
risque pourtant
d’attirer une foule de
jeunes. Justement
parce que le film est
grivois, grossier,
vulgaire, bête…et
drôle.
Même si par moments ça rigolait fort
dans la salle où le public avait été invité
à l’avant-première du film, le malaise
était palpable lors de scènes où les
deux lascars en donnaient plus que le
client n’en demande : propos et gestes
scatologiques réduisent les autres
écarts de langage à des discussions de
salon…
La diarrhée commence quand Robert
et Nancy (Richard Jenkins et Mary
Steenbergen) ont le coup de foudre.
Tous deux dans la soixantaine, ils n’ont
plus que leur amour à partager. À 40
ans, Dale (John C. Reilly) vit toujours
chez son père et à 39 ans, Brennan
(Will Ferrell) vit toujours chez sa mère.
Père et mère s’épousent, elle aménage
sous son nouveau toit et la chicane
pogne entre Dale et Brennan, deux
grands enfants gâtés qui n’ont jamais
rien fait de leurs deux mains à part
feuilleter des revues pornos et se
masturber.
Autant le dire tout de suite, ça vole
bas, très très bas, quand les deux niais,
désormais demi-frères, rivalisent de
bêtise pour se faire mutuellement la
vie dure.
«PHOQUE » YOU…
Ce concert de jurons, d’injures, de
blasphèmes et de scènes dégoûtantes
perdure jusqu’au jour où les deux épais
découvrent qu’ils partagent les mêmes
goûts plutôt répugnants.
Sauf que le mal est fait et les parents
excédés les mettent à la porte. Chacun
doit grandir, et vite, pour donner un
sens à sa vie. On devine que ça ne se
fera pas par les voies traditionnelles…
Certaines situations loufoques arrachent
un bon rire et il faut reconnaître
le talent de Ferrell et de Reilly qui ont
su exprimer avec un tel sans-gêne le
comportement excessif et de mauvais
goût de ces abrutis.
Les jeunes vont se bousculer, que je
vous dis, pour aller voir Demi-frères
(Step Brothers). Les autres n’ont qu’à se
rappeler leur âge pour aller voir
ailleurs.