NOTRE CRITIQUEBlack Eyed DogVu et commenté par Martin Morin 29-09-2006 | 15h26
Premier scénario de Jeremy John Bouchard, Black Eyed Dog raconte l’histoire de Betty, résidante d’un petit hameau du Nouveau-Brunswick qui, dans son adolescence, rêvait de suivre les traces de son idole, la chanteuse Joni Mitchell. Mais près d’une quinzaine d’années plus tard, Betty est loin des scènes, du glamour, de la gloire et des excès en découlant : serveuse dans un snack bar tout ce qu’il y a de plus ordinaire et convenu, elle tente de faire sa vie entre une mère malade, un père physiquement présent mais sans plus, et un ex-amant (David Boutin) dont les excès de violence n’ont d’égal que son impatience. Black Eyed Dog se veut donc une énième chronique de la vie hors des grands centres, quelque part dans ce grand territoire qu’est le Canada. L’histoire aurait très bien pu se passer dans l’ouest, hormis la touche «comédiens francophones» qui agrémente le film (outre Boutin, on y retrouve Anne-Marie Cadieux et James Hyndman, qui se débrouillent tous fort bien en anglais). L’aspect Québec versus Canada est toutefois complètement éludé de l’histoire, laissant toute la place au récit en soi, à savoir la vie triste et sans issue de Betty. Black Eyed Dog
Dans le rôle principal, Sonya Salomaa est tout à fait convaincante et oserait-on dire, trop. En ceci Betty est une femme relativement introvertie qui repousse toute forme de compassion envers elle-même. Le spectateur sera facilement pris au jeu, et ne se sentira pas nécessairement partie prenante de l’histoire. Il est très difficile de s’identifier à ses problèmes et ses drames personnels car on y est peu invité. Dans le rôle de petit escroc violent et querelleur, David Boutin tient la moitié de ce film sur ses épaules. Tellement qu’on se surprend à espérer pour lui aussi une issue plus heureuse.
Un message d’espoir, voilà ce que le réalisateur a voulu montrer à l’écran. Qu’avec un peu de bonne volonté, un peu de chance et le courage de ses convictions, on peut arriver à ses fins. Encore faut-il savoir à quelle fin on veut arriver. Un bon film? Non. Pas un mauvais film non plus. À voir par temps grisâtre, quand on a envie d’entendre un peu de Joni Mitchel, de se rappeler à quoi l’automne ressemble et pour passer le temps. |