NOTRE CRITIQUEThe ProtectorVu et commenté par Antoine Godin 11-09-2006 | 14h08
L'entreprise de cinéma indépendant Miramax, des frères Harvey et Bob Weinstein, a été acquise par Disney en 2005. Depuis, les deux frères ont fondé The Weinstein Company (TWC). C'est cette firme qui présente L'honneur du dragon sous l'étiquette Dragon Dynasty, nouveau label parrainé par nul autre que Quentin Tarentino et dirigé par Bey Logan, un spécialiste des films du genre. Sous cette étiquette, TWC a déjà acheté les droits de plus de 100 films d'arts martiaux, sans compter ceux qu'elle compte produire. Par exemple, un remake des Sept Samourai (Kurosawa, 1954) avec notamment Donnie Yen, Zhang Ziyi et George Clooney pourrait voir le jour en 2008.
Le scénario
The Protector
Le scénario est très, très mince et invraisemblable, il va sans dire. Même le traitement souffre d'un montage malhabile dans lequel on sent la volonté de se concentrer uniquement sur les scènes de poursuite et de combat. Les 600 bobines utilisées pendant le tournage auraient-elles débordé les monteurs? Kham se retrouve plongé en Australie dans une histoire de jeux de pouvoir politique et commercial alors qu'il ne comprend rien à la situation et qu'il cherche... ses éléphants! Le manque total de finesse de ce jeune paysan thaï l'empêche de se faire des alliés judicieux et d'établir un plan de longue haleine. Kham se contente d'utiliser sa force brute de tigre pour débarquer à tout moment dans des endroits où 200 méchants combattants l'attendent pour se faire prestement casser les membres.
Les combats À vrai dire, je n'avais pas été aussi impressionné depuis les films de Bruce Lee et Jackie Chan. Les plans mettent en valeur les combats en limitant les effets qu'on retrouvait dans les films de Van Damme (du genre gros plan au ralenti sur un poing qui frappe l'adversaire). L'honneur du dragon nous permet aussi de voir à l’œuvre une forme d'art martial très peu présente dans les films occidentaux (contrairement à la boxe, au kung-fu et au karaté), le Muay Thai. S'il n'était pas aussi orgueilleux, Steven Seagal aurait matière à rougir devant le nombre de bras et de jambes cassés par le héros Kham. À titre d'exemple, il y a une scène tournée comme un jeu vidéo FPS, avec musique entraînante, où Kham monte une série d'étages dans un hôtel en brisant tout ceux qui s'opposent à lui. Cette scène énergique a été tournée en continue pendant plus de quatre minutes! Gymnaste en plus d'être un combattant rapide et énergique, Tony Jaa saute, grimpe et se glisse partout comme Jackie Chan. Dans un combat où la mise en scène est clairement dédiée à ce dernier, Tony Jaa n’a rien à envier à Jackie Chan... exception faite de l'humour.
Enfin, pour ceux qui auraient vu le film Ong Bak du même réalisateur et qui mettait également Tony Jaa en vedette, dites vous que L'honneur du dragon est encore plus époustouflant! |