NOTRE CRITIQUEBon Cop, Bad CopVu et commenté par Antoine Godin 05-08-2006 | 10h08
D'un canevas formé d'éléments relevant de la comédie, du policier, du thriller et du drame, Patrick Huard, Érik Canuel et d'autres collaborateurs ont brodé ensemble le scénario de Bon Cop, Bad Cop. Très stéréotypée, l'idée de base de Patrick Huard l'est restée par choix. On a décidé de procéder à coups de clichés et de caricatures pour donner un film divertissant et drôle.
Un cadavre se retrouve perché sur un panneau de signalisation routière à la frontière de l'Ontario et du Québec. Respectivement envoyés sur les lieux par les autorités policières des deux provinces pour résoudre l'affaire, les enquêteurs Martin Ward (Colm Feore) et David Bouchard (Patrick Huard) se rencontrent pour une première fois et ne ratent pas l'occasion de se narguer. Peu de temps après cette première rencontre, les deux policiers se voient obligés par leur supérieurs de faire équipe pour élucider ce meurtre peu conventionnel. Après avoir découvert qu'il s'agissait d'une victime d'un tueur en série toujours actif, nos deux comparses se lancent à la poursuite du meurtrier avant qu'il ne sévisse encore. Patrick Huard joue très bien un rôle qu'on lui connaît et qui lui sied à merveille: le gars sympathique, sûr de lui, rebelle, baveux, cool et assez irresponsable pour faire passer le travail et les amis avant la famille. Dans le cadre de son travail, l'instinctif David Bouchard ne manque pas de front et suit ses propres règles. Il est plutôt cowboy, au grand dam de son collègue ontarien plus raide et méthodique. Qu'à cela ne tienne, le cérébral Martin Ward a le sens de la réplique et il sait se faire charmeur, taquin et même voyou à ses heures. Dès le départ, Patrick Huard avait eu l'idée de créer une comédie de situation en misant sur la dualité canadienne, entre l'anglais et le français. Dans cette optique, les dialogues passent d'une langue à l'autre tout au long du film exploitant au passage cet aspect linguistique pour provoquer des scènes humoristiques, notamment le moment où le capitaine Le Boeuf (Pierre Lebeau) entreprend de traduire à sa façon les propos de son collègue anglophone. La scène - d'ailleurs incluse dans la bande-annonce - où Louis-José Houde explique à Bouchard et Ward les causes possibles du décès de Benoit Brisset (André Robitaille) à son rythme habituel de 300 mots par minute et toute la partie mettant en scène la mascotte Falardeau le Castor-Patriote (jouée par Sylvain Marcel) constituent d'autres moments fort amusants. De toutes les comédies auxquels nous avons eu droit au Québec depuis quelques temps, Bon Cop, Bad Cop se distingue par sa facture hollywoodienne. En effet, avec des influences avouées telles que Peter Jackson, David Fincher, Ridley Scott et Steven Spielberg, Érik Canuel nous propose une esthétique particulièrement riche et maîtrisée pour une comédie, en mélangeant les genres autant au plan de la mise en scène que de l'image. Disposant d'un budget non-négligeable de 8 millions de dollars - plutôt que les 15 millions initialement prévus - le cinéaste a réussi à uniformiser cet amalgame d'influences pour réaliser une comédie d'action efficace et divertissante. Patrick Huard et Érik Canuel l'ont tellement dit et répété dans les médias que j'ose à peine vous dire qu'il s'agit-là d'un film de divertissement sans prétention destiné au grand public. Le message est simple: «les deux solitudes canadiennes devront s'entendre». Le traitement, lui, est léger et ludique comme disait Érik Canuel: «C'est des montagnes russes, tu embarques dedans, tu sais que tu vas lever les mains à des endroits, tu vas crier, tu vas tourner, tu vas avoir mal au cœur, puis à la fin tu vas dire, «Wow! c'était cool!». |