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Notre critique  - Superman Returns
Cote de Canoë
3/5

NOTRE CRITIQUE

Superman Returns

- Vu et commenté par Martin Morin
29-06-2006 | 17h13
C’est un oiseau! C’est un avion! Non, c’est un prologue!

Maintenant habitué aux films de Super héros – il s’est commis à la direction des deux premiers épisodes de X-Men, Bryan Singer signe ici la suite des aventures de l’homme de fer, Superman.

Difficile d’entrer dans les chaussures de Christopher Reeve qui – pour ceux de ma génération du moins – incarnait à l’écran la représentation ultime du personnage. Sympathique, affable, l’acteur a laissé sa marque. Toutefois, Singer n’est pas un néophyte ni un tâcheron et il s’est acquitté de la tâche de brillante façon.

Ceux qui ne connaissent pas du tout Clark Kent et son double à cape auront nettement avantage à visionner auparavant l’œuvre de 1978, et ce pour deux raisons. La première est que dans Superman Returns, la trame narrative se situe cinq années APRÈS le dernier film de la série. On présente bien peu les personnages; il faut donc pour les apprécier les connaître un peu plus, et ce n’est pas ici que ça se passe.

Deuxio, il y a tant de clins d’œil dans ce film qui ramènent à la série des films de Reeve que c’est étonnant que le scripteur ne soit pas borgne à l’heure actuelle. Et c’est là toute la beauté de la chose: ce ne sont pas des calques gratuits et paresseux, mais bien un hommage bien senti. Le jeune acteur Brandon Rooth qui campe le rôle titre reprend in extenso les faciès et maniérismes que Reeve a donné aux personnages; il s’agit d’un beau rappel.

Bref la question qui se pose est: est-ce que le film est à la hauteur du personnage? Superman peut lever des montagnes, c’est bien connu, mais saura-t-il lever l’intérêt du public de 2006? Celui des millions d’aficionados qui attendent chaque film tiré d’une bande dessinée avec une brique, un fanal, le bébé et l’eau du bain? Saura-t-il lever les 165 livres de fanatisme – Pascal pour les intimes - qui m’ont accompagné au visionnement? La réponse est oui, pour ceux qui sont patients.

Comme dans le premier X-Men, le récit progresse lentement – les mordus d’action à outrance seront déçus. Les situations se succèdent posément, et chaque brique est posée de manière à ce que l’édifice ne s’écroule pas. On en sort après les longues 154 minutes avec un certain sentiment d’insatisfaction. La suite est planifiée et ça se sent. On sort de la salle avec cette impression que le meilleur est à venir; en espérant qu’il soit au rendez-vous.

Un mot sur Kevin Spacey, le «nouveau» Lex Luthor. Bryan Singer le retrouve pour une seconde fois, ceux-ci ayant travaillé ensemble auparavant sur l’excellent, le très excellent The Usual Suspects. Ce film est excellent, l’ai-je dit? Sans trop en faire, sans vouloir effacer la prestation de Gene Hackman qui jouait à la hauteur de son talent, Spacey est absolument savoureux dans ce rôle.

Un autre point favorable dont plusieurs devraient prendre note derrière les grosses lettres de la colline d’Hollywood: les effets spéciaux ne volent pas la vedette, loin de là. Ils appuient l’histoire, donnent la couleur nécessaire aux exploits du héros, sans basculer jamais dans l’exagération (j’ai deux, peut-être trois exemples de film en tête, pas plus…)

Pour conclure, un petit message aux scripteurs de la série Mission Impossible. Beaucoup d’efforts et d’écus ont été mis sur les divers déguisements du personnage campé par Tom Cruise. Superman, lui, a compris toute la finesse de la chose. Une paire de lunette, un lissage de cheveu et shazam!, il se fond dans la foule, inconnu et impossible à reconnaître. Ça sauve beaucoup de temps à ce qu’on dit. Un jour, quelqu’un m’expliquera son truc.