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Cinéma - Garfield: A Tail of Two kitties
Cote de Canoë
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CINÉMA

Garfield: A Tail of Two kitties

Michel Therrien
Le Journal de Montréal
18-06-2006 | 08h51

Le film ne réinvente pas la litière...

Garfield, le gros chat paresseux et amateur de lasagne créé par Jim Davis, est de retour au cinéma pour une seconde aventure qui, à l'image de la première, n'a pas hérité d'un scénario à la hauteur de son légendaire antihéros à quatre pattes.

Petite question...

Combien de mauvaises suites de comédies américaines ont utilisé le continent européen comme décor pour leur récit pathétique?

Il serait difficile d'en déterminer le nombre exact, mais citons au passage l'infect Deuce Bigalow: European Gigolo et le décevant National Lampoon's European Vacation.

Le fait que les Américains soient si peu inspirés par l'Europe demeure un mystère. Le synopsis «bébête» (terme de circonstance) de ce film en est un nouvel exemple. Notre chat préféré se retrouve cette fois, en compagnie de Jon et Odie, en Angleterre.

Outre les gags obligatoires se rattachant au patrimoine visuel de l'endroit, voilà que notre Garfield sera confondu avec Prince, un chat de la royauté.

Le prince et la lasagne

Dans cette énième adaptation du célèbre conte du prince et du pauvre (avec une pincée des 101 Dalmatiens et de Babe), A Tail of Two Kitties ne réinvente pas la litière, se contentant d'en rebrasser le triste contenu. Vous aurez donc compris que les deux matous changeront de place, que Garfield goûtera les plaisirs royaux et se fera servir, alors que Prince savourera sa première lasagne!

Quelle erreur a-t-on faite pour en arriver à une adaptation si décevante? Le problème ne se situe certainement pas du côté de la distribution!

Garfield est à nouveau magnifiquement défendu par Bill Murray en anglais et par Patrick Huard en français. Tous deux, chacun à sa manière, ont su trouver le ton approprié, et ils sauvent à eux seuls de nombreuses scènes qui auraient pu être catastrophiques.

En plus de souligner le travail du fantastique Tim Curry dans la peau de Prince (en anglais), il faut s'émerveiller du talent de comique de Billy Connolly, un acteur sous-employé qui vole la vedette à maintes occasions ici.

Quant à Breckin Meyer, on lui pardonnera cette fois-ci son absence totale de charisme, car elle correspond en tout point au néant qui habite le personnage de Jon tel qu'il fut créé.

Mais malgré leur travail, les comédiens ne pouvaient tout de même pas réparer les trous du scénario et rendre le texte plus drôle qu'il est. Ce dernier profite cependant d'un second souffle dans l'adaptation sur mesure qu'en ont faites les traducteurs-scénaristes d'ici. La qualité de leurs dialogues mérite un demi-point de plus au score final de la version française (celle qui est notée ici).

Sinon, le film est mal servi par une mise en scène peu enthousiaste et peu inventive dans laquelle le réalisateur se contente d'une vieille recette qui ne lève plus vraiment.

La source du problème

Cela dit, le problème fondamental de cette série, c'est qu'elle ne respecte pas ses sources, un oeuvre qui était d'abord et avant tout destinée à un public adulte.

Pour le cinéma, on a décidé d'adapter l'univers de Garfield pour qu'il plaise à un plus jeune public, ce qui enlève tout «l'anti-CHATrme» de ce félin fainéant qu'on appréciait dans les comic strips de Jim Davis.

Souhaitons que Garfield n'ait pas neuf vies au cinéma !