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Canoë
Notre critique - Casanova
Cote de Canoë
3.5/5

NOTRE CRITIQUE

Casanova

Vu et commenté par Antoine Godin
22-12-2005 | 23h21
Le film Casanova combine cinéma, théâtre de marionnettes et opérette pour nous donner une comédie romanesque et légèrement dramatique. Moins sapide et complexe que Chocolat, que nous avait aussi offert le réalisateur Lasse Hallström, Casanova a néamoins de quoi séduire avec ses images et ses décors splendides, son humour et ses chassés-croisés.

Puisant à même la culture italienne et ne se contentant pas de se servir de Casanova pour créer une histoire proprement moderne qu'ils établissent au XVIIIe siècle, les artisans du film se sont aussi inspirés du théâtre de marionnettes et de l'opérette pour élaborer forme et contenu. Ce théâtre de rue que nous voyons au passage de quelques scènes constitue une clé qui permet de comprendre le traitement de ce film comique.

Dans l'un comme dans l'autre, les personnages y sont caricaturaux, les aventures rocambolesques et les scènes souvent bouffonnes. Suivant ces aspects théâtraux, le rythme du film ne met pas en valeur la romance ou le drame, mais bien la comédie.

Même la luxure n'est qu'à peine effleurée à quelques reprises pour que nous comprenions bien qui est Casanova et de quoi on l'accuse. Le film n'en reste pas moins difficilement familial par le thème lui-même et ce qu'il suggère.

L'histoire quelque peu complexe n'est pas du tout difficile à suivre. Traqué par l'Inquisition qui l'accuse de luxure, Casanova (Heath Ledger) se voit conseiller par son protecteur de se fiancer au plus vite et de se ranger pour faire cesser les poursuites. C'est ce que Casanova s'empresse de faire, mais il tombe presque aussitôt amoureux de Francesca Bruni (Sienna Miller) à qui il se présente sous un autre nom. Cette jeune fille universitaire, féministe avant l'heure et philosophe écrivant sous le nom de plume de Bernardo Grudi, résiste cependant à ses avances.

Entre alors en scène le fiancé de Francesca, que personne n'a jamais vu, Paprizzio (Oliver Platt). De là, telle une opérette, déguisements, chassés-croisés, emprunts d'identités et revirements de situation se multiplient alors que l'évêque Pucci (Jeremy Irons) cherche désespérement à mettre la main sur Casanova et que ce dernier cherche à saisir l'amour. Parviendra-t-il finalement à faire tomber la garde de Francesca?



Le choix d'une époque reculée pour raconter cette histoire permet justement de multiplier les quiproquos puisqu'il y était beaucoup plus difficile d'identifier les gens qu'aujourd'hui avec les moyens de diffusion énormes dont nous disposons. Maintenant, il est possible de rencontrer un illustre inconnu par messagerie instantanée et de recevoir sa photo presque aussitôt.

Hallström et son équipe ont très bien reproduit Venise du XVIIIe siècle et son côté romantique, les costumes et les décors fastueux. Ces efforts ne sont pas perdus et sont rendus dans des images somptueuses.

Cette comédie richement parée, même si elle n'a pas la douce amertume de Chocolat, est le film parfait pour une sortie en salle le 25 décembre. Après tout, qui a envie de pleurer le jour de Noël.