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Notre critique - Les Boys IV
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NOTRE CRITIQUE

Les Boys IV

Vu et commenté par Antoine Godin et Martin Morin
12-12-2005 | 16h14
Il n’y a pas si longtemps, parler du cinéma québécois en terme de «franchise» aurait pu sembler incongru. Le cinéma «de suites» si prisé par l’industrie américaine qui aime bien presser le citron jusqu’à plus soif n’avait d’ici que peu d’écho. Arrive le phénomène des Boys. Les moutures I, II et III auront justifié, chiffres à l’appui, la popularité de la franchise. Comment s’étonner alors que se présente à nos écrans le quatrième volet de la série.

Ne restait qu’à s’en remettre au public pour savoir s’il serait intéressé à suivre les péripéties de Stan, Fern, Mario, et les autres. Inutile de se le cacher, Les Boys jouissent d’une bonne estime et d’une faveur populaire indéniables. Alors, qu’en est-il au juste? Avions-nous raison d’éprouver certaines appréhensions face à ce film?

Nous l’avouerons tout de go, on aurait bien aimé apprécier ce nouvel «opus» inspiré de l’œuvre de Louis Saïa. Vraiment. Malheureusement, le goût laissé dans la bouche est plutôt amer. Les fanatiques d’humour slapstick seront servis à souhait. Gags corporels et humour de premier degré sont légions ici. Ceux qui aiment, aimeront, et les autres, eh bien… tant pis.

Évidemment, le style d’humour demeure le même que dans les trois premiers Boys puisque le scénario est écrit par les mêmes scénaristes qui avaient travaillé avec Louis Saïa. Qu’on aime le genre ou non, les scénarios coécrits avec Saïa allaient la plupart du temps au bout de leurs idées, mais cette fois, au-delà même des mauvais gags, le scénario est plutôt mal ficelé ou mal rendu. Ce qui fonctionnait dans les deux premiers films – et qui s’est essoufflé dans le troisième – semble tomber à plat ici. Est-ce la faute aux scénaristes ou plutôt au réalisateur George Mihalka?

Dans une entrevue qu’il accordait à La Presse, Mihalka constatait que «même si tu ne fais pas un film d’auteur, les gens te critiquent comme si tu avais fait un film d’auteur… et tu n’es pas considéré comme un artiste.» Serait-ce une façon de se protéger? Je fais des comédies donc je fais n’importe quoi? Charcuter maladroitement une scène pour pouvoir arriver plus rapidement à une autre qu’on semble trouver plus intéressante, ça reste visible à l’écran pour le spectateur et ça n’a rien à voir avec le cinéma d’auteur ou pas.

Évidemment, on n’attend pas un dernier volet des Boys comme on attend le dernier Jim Jarmush (Coffee and Cigarettes). La recette est archi connue. On va voir ce film pour y retrouver les personnages auxquels on se sera attachés. Mais sans plus. Ceux qui ont aimé le troisième film aimeront sans doute celui-ci. Ceux qui auront décroché avant ne raccrocheront pas. Tout simplement.

Allez-y avec le plaisir de retrouver des situations et des acteurs que vous appréciez, vous y trouverez sans aucun doute votre plaisir. Mais si vous avez vraiment envie de retrouver un peu l’essence de l’humour physique, les clubs vidéo regorgent de bons vieux films de Jerry Lewis...