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Nathalie Claude - Confrontée à la machine
© PHOTO LE JOURNAL – OLIVIER JEAN
Nathalie Claude

NATHALIE CLAUDE

Confrontée à la machine

Claudia Larochelle
07-10-2008 | 04h00

Elle revient de chez les robots. Trois robots qui ont la voix de ses amis et avec lesquels elle montera sur scène dans un décor de salon littéraire.

C’est avec eux que Nathalie Claude va un peu refaire le monde, soir après soir dans Le Salon automate, dernier volet d’une trilogie de solos présentée à l’Usine C.

Cette pièce qui ouvre la 18e année d’existence de la compagnie de théâtre Momentum, dont fait partie depuis les débuts dame Claude, rassemble ses deux passions et témoigne de sa fascination pour les mots, la sensibilité, les humains ou les non-humains qui peuvent parfois se ressembler…

En commençant à monter son projet il y a trois ans, le plaisir était à son comble, le désir que ses grandes ambitions puissent opérer et voir le jour a culminé jusqu’à la concrétisation de ce fameux salon.

Pour jouer les intellectuels des siècles derniers qui les fréquentaient, les comédiens ont été remplacés par des automates, ces objets programmés, dotés d’une mémoire et renfermant divers dispositifs mécaniques ou électriques leur permettant d’exécuter une séquence déterminée d’opérations de manière synchronisée.

CONCEPTION DE HAUT CALIBRE

Raymond Marius Boucher, qui signe aussi le décor et les accessoires du Salon, ainsi que Simon Laroche, un artiste en arts électroniques, ont réalisé ensemble pendant un an et demi la conception des automates tels qu’imaginés par la créatrice à l’imaginaire développé.

Si le premier a créé des êtres de chiffon et d’acier, le second les a quant à lui animés grâce à ses connaissances en robotique.

Ne reste plus qu’à jouer. «Je veux que mes automates soient fiables comme des comédiens. On essaie de les pousser le plus loin possible vers l’humanité», explique la comédienne qui incarne l’hôtesse du salon littéraire, solitaire et nostalgique, qui reçoit trois invités, les automates aux allures de poètes dandy, la mécène buveuse et l’artiste de cabaret et aux voix humaines de Patrice Coquereau, Céline Bonnier et Marie-France Lambert.

«J’avais envie de voir se confronter la machine qui pense et l’humaine, de juxtaposer les automates aux êtres vivants», commente Nathalie Claude, qui regarde les yeux de verre de ces automates qui ont la voix de ses amis, dont le visage a aussi été calqué sur ses trois complices acteurs.

«C’est très troublant, j’ai développé une sorte d’affection pour ces automates, même s’ils ne peuvent pas m’aider en cas de pépin. C’est des robots, ils vont toujours au prochain cue et s’activent dans le sens défini par leurs concepteurs, ne jouent pas avec moi.»

ENDROIT DE RÊVE

Mais dans ce salon qu’elle a imaginé, qu’elle domine, réalisant aussi en quelque sorte un rêve qui remonte à loin, elle se retrouve dans son élément, plus à l’aise n’importe où ailleurs.

«J’aurais aimé me retrouver dans ces lieux réels, auprès de Proust, Colette, Gertrude Stein… Recréer cet univers me ramène à ma nature.»

Les propos momentumiens émanent de cette oeuvre qui interroge notamment le thème de la solitude humaine.

Les rendez-vous auxquels nous convie la compagnie ne sont jamais dépourvus d’éléments inusités, font réagir, n’ont rien de banal. Nathalie Claude en chair et en os, trois automates, un imaginaire débridé… Avec la signature de Mlle Claude, Le Salon automate a des allures de douce folie.

  • Le Salon automate, de et avec Nathalie Claude. À l’Usine C du 7 au 25 octobre.

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