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Entrevue - 5 questions à… Cathy Gauthier
Courtoisie
Cathy Gauthier

ENTREVUE

5 questions à… Cathy Gauthier

04-09-2008 | 04h00
En 1998, cette jeune femme de l'Abitibi débarquait à Montréal avec son grand désir d'être humoriste et sa conviction d'y arriver. Poussée vers l'école de l'humour par un propriétaire de bar qui l'engageait dans le coin de Val-d'Or, la petite Cathy Gauthier de 21 ans n'avait alors pas choisi la voie la plus facile. S'engageant sur le chemin de l'humour cru, provocant, sans compromis, tenant mordicus à ne pas se laisser dénaturer, elle a su relever le défi.

Qualifiée de tornade blonde, la jeune femme de 31 ans mettait fin aux deux années de tournée de son spectacle 100 % vache folle en mai dernier, un premier one-woman-show mis sur pied avec la collaboration de François Avard et de sa «fée marraine» Dominique Michel, qui aura attiré plus de 55 000 spectateurs.

Mais c'est sous un autre jour qu'apparaîtra la jeune humoriste à la télévision de Radio-Canada, dès le 9 septembre. Cathy deviendra Roxy au cœur d'une comédie de situation éponyme tous les mardis, à 21 h.

Rôle créé par l'humoriste, Roxy n'est pas si loin de la jeune Abitibienne fraîchement débarquée dans la métropole qu'elle fut jadis. Mais cet alter ego arrive plutôt de la région fictive de Ste-Julienne-des-Patriotes, qu'elle fuit ainsi une mère trop envahissante interprétée par la maman Bougon Louison Danis, et qu'elle croit pouvoir retrouver le garçon que le destin a un jour mis sur son chemin: un certain Éric de Montréal qui a les cheveux bruns, et qui l'avait choisie, jadis, pour une démonstration de réanimation cardiaque dans son patelin.

De quelle façon est née la sitcom Roxy dont vous êtes la vedette?

C'est la maison de production Avanti qui m'a approchée afin de savoir si j'avais une idée pour un show télé. Je n'en avais pas, mais disons que j'en ai trouvé une assez rapidement! Pour la trame de fond, je me suis inspirée de mon histoire. C'est donc de moi que vient l'idée et j'ai créé les personnages.

Je pense qu'ils ont tout de suite aimé, parce que, habituellement, il me semble que c'est plus long pour faire approuver une émission et tout ça. Ça a été accepté tout de suite, et ensuite, Jean-François Léger et Jean Pelletier ont scénarisé le tout. Ce sont les auteurs qui écrivent les répliques, mais c'est sûr que je me mêle un peu des textes. J'ai un droit de regard sur ce que je dis. Par exemple, je peux adapter mes répliques en proposant quelque chose de plus punché, ou en disant ma ligne d'une façon plus naturelle pour moi.

Travaillez-vous déjà sur un prochain spectacle d'humour?

Oui. Pour le moment, ça s'appelle Bienvenue aux dames; c'est le titre de travail, mais ça tient encore la route. Je collabore encore avec François Avard, mais on commence à peine. Comme je dis tout le temps, on est à l'étape où l'on débroussaille. On fait exploser de la roche pour trouver de l'or. On décide de ce dont on va parler. Il n'y a pas encore vraiment de gags, on décide plutôt des sujets. Ce sera en rodage l'année prochaine, en juillet et août, à la Maison des Arts de Laval.

Pouvez-vous dire que vous avez subi une évolution marquée au cours des deux années de tournée de 100% vache folle?

Tout à fait! Le dernier spectacle que j'ai donné, c'est celui qui a été capté pour le DVD, mais je te dirais que ce n'est pas le meilleur que j'ai fait durant ma tournée. Je crois qu'il y en a eu des bien meilleurs que ça.

Du premier spectacle au Monument-National en 2005 à ceux de 2008, c'est complètement différent!

J'ai plus confiance en moi donc je suis plus posée, moins exaltée. J'ai écouté la cassette du Monument-National, et j'avais le goût de saigner du nez! Je me suis vraiment demandée comment le public avait fait pour rester assis pendant tout ce temps-là! Même moi, je me tapais sur les nerfs.

Au fil du temps, j'ai bien vu que les gens acceptaient plus ce que je disais, alors je m'assumais mieux et je le rendais mieux.

En allant dans ce genre d'humour qui est le vôtre, un humour plutôt cru qui fait fi des tabous, saviez-vous dès le départ à quoi vous attendre?

Je savais que j'aurais plus de travail, que je devrais bûcher plus dur pour faire ce genre d'humour. Mais je pense que les gens ont surtout jugé sans avoir vu. Ils ont entendu que j'étais vulgaire, alors ils ont décidé que je l'étais et que je faisais que des blagues en bas de la ceinture.

Il y a quand même un propos derrière mes numéros. Je ne pense pas faire de l'humour social et dénoncer des grosses causes de la société, loin de là, sauf que mes propos ne sont pas vides de sens. Je dis quelque chose à travers ce qu'ils appellent la vulgarité. Je ne trouve pas que ce soit vraiment vulgaire, je trouve que c'est plutôt dans l'air du temps. On parle comme ça dans la vie.

Ça ne vous fatigue pas que l'on dise que vous «parlez comme un gars», comme si «une vraie fille» ne pouvait pas s'exprimer comme vous le faites?

C'est sûr que tout le monde me dit que j'ai une drive de gars, mais je ne me suis pas levée un matin en me disant: bon, moi je veux être comme un gars! Je suis comme ça et je suis une fille. De toute façon, comme je dis tout le temps, je chante Au Clair de la Lune et ça sonne vulgaire.

C'est mon ton qui est comme ça, c'est ma voix. Je ne le fais pas exprès.

À l'École de l'humour, quand ils me disaient que j'avais de la drive, je ne comprenais pas ce que c'était, ce qu'ils voulaient dire par là. Je ne connaissais vraiment rien à rien. Donc, je ne me suis jamais inspirée de personne, j'ai toujours essayé d'être le plus près de moi possible, parce que je pense que c'est comme ça que tu rejoins le plus de monde, en étant le plus vrai possible.

  • À la télévision de Radio-Canada tous les mardis, 21 h, dès le 9 septembre, Cathy Gauthier sera la vedette de Roxy, sitcom issue de son imagination, mais scénarisée par Jean-François Léger et Jean Pelletier, et réalisée par Stéphane Lapointe et Simon Barette. Avec Louison Danis, Diane Lavalleé, Patrice Bélanger, Marilyse Bourke, Louis Champagne et Gary Boudreault. Mentionnons également, la sortie du DVD 100 % vache folle le 23 septembre, show capté lors du dernier spectacle de la tournée à L'Étoile de Brossard.
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