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Théâtre jeunesse - Écrire avec son coeur d'enfant
© Photo Le Journal

THÉÂTRE JEUNESSE

Écrire avec son coeur d'enfant

Jean-Louis Fortin
Journal de Montréal
09-08-2008 | 04h00
«Pourquoi faire du théâtre jeunesse de qualité ? Un peuple fort culturellement va réserver ses plus belles oeuvres à ses enfants, car ils représentent son avenir ».

C’est en ces mots que Jean-Rock Gaudreau, auteur québécois de six pièces pour enfants, dont La Migration des oiseaux invisibles (photo), qui sera présentée au début de 2009 à la Maison Théâtre, résume les efforts des créateurs québécois de théâtre jeunesse. Pour certains écoliers, la sortie annuelle au théâtre organisée avec la classe fait partie des traditions. D’autres jeunes spectateurs y sont initiés par leurs parents ou grands-parents.

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Quoi qu’il en soit, le théâtre pour enfants d’aujourd’hui est loin du langage bonbon et des sujets simplets qu’on lui associe parfois. Supporté par des institutions comme la Maison Théâtre, rue Ontario, qui fête ses 25 ans, il se présente maintenant dans de vraies salles de spectacle et s’exporte partout dans le monde.

REJOINDRE LES JEUNES ET LES ADULTES

« Lorsqu’on écrit, il ne faut surtout pas se fier à son coeur d’enfant, même si c’est la solution facile. J’essaie toujours de rester très près des enfants, allant les voir dans les écoles, les garderies pour voir comment ils réagissent à mes histoires », explique l’auteure Suzanne Lebeau, dont la pièce Salvador a été jouée plus de 200 fois et traduite entre autres au Mexique, en Espagne, en Yougoslavie, au Portugal et en France.

«Rejoindre les adultes est primordial, parce que ce sont eux qui y emmènent les jeunes. Si le spectacle n’est pas bon pour les adultes, il n’est pas meilleur pour les enfants», poursuit-elle.

L’ENJEU DES ÉCOLES

Chez les auteurs, le consensus est recueilli en ce qui a trait à la pertinence des sorties au théâtre dans les écoles.

«Ce qu’il y a de beau avec les activités scolaires, c’est leur côté démocratique. Tous les jeunes peuvent aller au théâtre, qu’ils soient riches ou pauvres, et peu importe leur origine ethnique», explique Jasmine Dubé, dont la pièce Le Bain, pour les toutpetits, connaît du succès depuis dix ans.

«La collaboration avec les écoles permet d’organiser des activités de préparation et de retour sur la pièce, ce qui suscite la réflexion chez les enfants», ajoute pour sa part Jean-Rock Gaudreau.

«Le théâtre pour enfants, pour ce qui est de la création et des auteurs, se porte bien, explique l’auteure Lise Vaillancourt. Là où le problème se situe, c’est sur le plan sociétal. Le théâtre n’est pas suffisamment mis de l’avant comme forme d’art auprès des plus jeunes. Le ministère de l’Éducation a de la difficulté à travailler main dans la main avec les professeurs pour encourager les activités reliées au théâtre», conclut-elle.

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