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THÉÂTRE
La bonne vieille recette... la morale en trop
Claudia Larochelle
Le Journal de Montréal
13-06-2008 | 09h50
La valse des pièces estivales est repartie avec ses forfaits repas de fondues chinoises et ses salles hyperclimatisées. À Sainte-Adèle, dans la peau de loufoques personnages, Michèle Deslauriers et Michel Forget font la leçon aux plus jeunes dans La Main dans l'sac ! À lui seul, le duo d'acteurs fait sourire.
À en croire les baby-boomers qui riaient aux larmes devant la comédie de William Van Zandt et Jane Milmore, la chimie semble opérer entre le public et les acteurs de cette histoire très burlesque de tromperie, d'adultère et de cache-cache sentimental. Des thèmes récurrents l'été, mais ô combien efficaces pour faire rigoler les gens... qui en redemandent et en redemandent.
Bien sûr, quelques petits coquins se sentent concer nés par la paresse physique et amoureuse du personnage interprété par Michel Forget, un bon bougre au chandail des Nordiques défraîchi qui préfère le hockey aux effusions de sa douce, épousée il y a plusieurs années.
Pendant ce temps, Madame (Michèle Deslauriers) se meurt d'envie de réveiller les pulsions «romantico-testostéroneuses» de son homme défraîchit. On s'attache vite à ce couple, qu'on sent encore amoureux et fidèle malgré les coups durs, le temps, et leurs filles devenues des adultes enclines aux vices. Et quels vices !
Libertinage infernal
Jeunes trentenaires tannantes comme on en connaît tous, Jacynthe (France Parent) et Catherine (Myriam Poirier) se contentent difficilement de leur situation amoureuse, tout comme leurs partenaires, qui ne valent pas mieux côté monogamie...
Enflammés de désirs, ils nous entraînent délicieusement dans les tourbillons sucrés d'un quatuor sentimental loufoque, absurde et difficilement réaliste. Si les auteurs voulaient critiquer l'instabilité des couples de la génération X, ils y parviennent un peu grossièrement, d'une manière extrêmement caricaturale, sans toutefois être complètement à côté de leurs pompes. Ouch.
Morale de cette histoire
On se serait tout de même passé de la facette moralisatrice et sans subtilité de l'affaire. Le discours étriqué des «vieux» parfaits s'adressant aux jeunes a fait son temps. Trop, c'est trop.
D'une chambre à coucher à une autre et après une suite d'imbroglios, quand enfin ils convergent tous vers la fameuse prise de «main dans l'sac», le rythme et le jeu physique des comédiens s'avèrent bien réussis, empreints du gros fun noir que doivent avoir les comédiens à jouer ensemble. S'ils ont chaud à force d'exécuter des mouvements flamboyants, le public, lui, se les gèle. N'oubliez pas votre «tite-laine».
- La Main dans l'sac! de Van Zandt et Milmore, mise en scène de Michel Forget, avec Michèle Deslauriers, Michel Forget, France Parent, Nico Gagnon, Myriam Poirier et Fabien Dupuis. Au Théâtre Sainte-Adèle jusqu'à la fin août.