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Les Boxeuses - Regard «sportif» sur les rapports féminins
© Claude Rivest
Catherine De Léan et Véronique Pascal.
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LES BOXEUSES

Regard «sportif» sur les rapports féminins

Claudia Larochelle
Journal de Montréal
02-03-2008 | 05h00
Catherine De Léan et Véronique Pascal forment Les Cousines Canine, une compagnie de théâtre fondée il y a deux ans avec une complice. Bien qu’elles ne mordent pas, les jeunes comédiennes savent se battre sur un ring et tenteront de gagner leur premier combat dans Les Boxeuses, présentées à La Petite Licorne.

C’est dans un de leurs cours au Conservatoire d’art dramatique de Montréal que sont nés les premiers balbutiements des Boxeuses. Catherine De Léan et Véronique Pascal faisaient équipe. Une incarnait une entraîneuse de boxe, l’autre la joueuse. Elles étaient alors loin de se douter que la création de leur scène allait être portée sur une scène professionnelle. Elles ont redoublé d’ardeur et ajouté à la scène écrite sur les bancs d’école des rounds qui proposent un regard «sportif» sur les rapports féminins dans des situations quotidiennes. «On s’est inspirées de ce qu’on a observé dans notre vie et des types de femmes qu’on a connues ou vues», souligne Véronique Pascal.

FEMMES D’ESPOIRS HEUREUX

Sur ce ring, elles incarnent celles qui nous feront penser à nos mères, grand-mères, tantes, cousines, soeurs ou amies. Si la plupart de ces femmes à qui elles donnent vie sur les planches du théâtre intime du théâtre de la rue Papineau sont de parfaites inconnues, d’autres sont des célébrités. C’est ainsi que les deux comédiennes ont entre autres imaginé un combat entre les rivales Marie Stuart et Élisabeth d’Angleterre.

Porté par le mandat de la compagnie qu’elles ont créée avec leur amie comédienne Francesca Barcenas, ce duo scénique sert leur désir d’actrices et de citoyennes du XXIe siècle et répond au besoin de s’interroger sur l’état du féminisme, plusieurs années après la lutte menée par les fidèles de Simone de Beauvoir dont on souligne justement dans l’actualité le centenaire de la naissance.

«On dirait que c’est tabou de dire qu’on est féministes. Pourtant rien n’est totalement gagné pour les femmes et on a envie de raconter des enjeux féminins, de leur donner une voix, la nôtre, et on l’espère, celle de d’autres», poursuit Véronique Pascale. «En même temps, on en voit des shows plates et on a vraiment cherché à rejoindre le public, à le captiver du début à la fin», note Catherine De Léan.

RÉFLEXIONS SPORTIVES

La comédienne, qui s’est d’abord fait connaître au cinéma dans La Vie secrète des gens heureux, de Stéphane Lapointe, puis récemment dans la série Les Hauts et les Bas de Sophie Paquin, estime aussi que le théâtre qu’elles nous proposent sera physique, à l’image des boxeuses, à leur image aussi. «Nous sommes deux sportives, nous voulions garder cet esprit-là, allier physique et mental.»

Le très polyvalent Deano Clavet, qui a d’ailleurs eu une fructueuse carrière de boxeur, a été leur entraîneur tout au long de la production de cette pièce, leur apprenant l’abc des combats. Celles qui n’ont pas 30 ans échangeront de vrais coups. Rien pour se mettre K.-O. Les créatrices doivent se garder à l’abri des grands coups pour livrer d’autres batailles. Elles sont jeunes, le match ne fait que commencer.

  • Les Boxeuses, Création et interprétation de Catherine De Léan et Véronique Pascal, dans une mise en scène d’Émilie Gauvin.
    À La Petite Licorne, du 2 au 25 mars.
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