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Maxime Denommée - Dans la fosse aux lionnes
©Archives/Pascal Ratthé
Maxime Denommée
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MAXIME DENOMMÉE

Dans la fosse aux lionnes

24-02-2008 | 05h00
Maxime Denommée vient à peine de quitter Kaliayev, son personnage révolutionnaire et la figure centrale des Justes de Camus, que déjà il redevient le metteur en scène de Tête première.

C’est d’abord à l’hiver 2005 que Tête première était mise à l’affiche à La Licorne. Maxime Denommée faisait alors ses premières armes comme metteur en scène, une fonction qui l’attirait déjà depuis un bon moment. Son travail ne passa pas inaperçu puisqu’il était souligné d’une nomination à la Soirée de Masques dans la catégorie Révélation.

«J’adore la direction d’acteurs, me concentrer aussi sur la façon de faire du théâtre, de capter l’intérêt du spectateur d’un bout à l’autre de la performance», souligne celui qui est sorti du Conservatoire d’art dramatique de Montréal il y a tout juste dix ans.

Sur les planches de La Licorne, la liberté est grande pour les créateurs. L’intimité, «l’effet salon», la proximité entre les protagonistes et le public donnent une particularité aux pièces qui y sont présentées, rendant l’expérience fascinante, tant pour le metteur en scène que pour le reste de cette distribution demeurée la même depuis 2005.

FEMMES ET ENFANTS D’ABORD

Les actrices Sandrine Bisson, Kathleen Fortin et Dominique Quesnel ont quant à elles reçu des éloges il y a bientôt trois ans pour leur rôle respectif de Tilly, Olive et Alison. Les critiques avaient souligné leurs registres aussi sensibles que puissants et cette capacité qu’elles ont eue d’offrir aux spectateurs le récit d’une journée à la fois tragique et lumineuse où il faut mettre à l’abri leurs enfants, avec lesquels elles n’ont pas toutes le même rapport.

«Elles vivent dans un environnement dur, mais jamais elles ne jouent les victimes. Elles ne s’apitoient pas sur leur sort, elles foncent plutôt tête première.» Il dit les diriger beaucoup à l’oreille, en y intégrant des parenthèses, des silences chargés, nuancer, équilibrer les sentiments entre ceux vécus sur scène et dans la salle. «L’émotion ne peut pas être vécue aux deux endroits en même temps. Sur scène, c’est quand elle est combattue ou contenue que c’est le plus touchant.»

Ce texte de l’auteur irlandais Mark O’Rowe révélé une première fois à La Licorne en 2002 avec Howie le Rookie, rôle pour lequel Denommée a même remporté le Masque de l’interprétation masculine, n’est pas non plus passé sous silence, construit en trois histoires qui s’entremêlent, nous permettant de découvrir le lien qui unit les trois femmes.

UN DIAMANT DANS LA BOUE

«Olivier Choinière disait que cette pièce-là était comme un diamant trouvé dans la boue, poursuit-il, que ça devient beau et lumineux malgré l’univers sombre qui est dépeint. Il y a beaucoup d’espoir dans ses mots.»

De remarquer l’impact d’un spectacle, de voir les effets d’une interprétation d’un point de vue extérieur, de celui du metteur en scène par exemple, le poursuit quand il retourne au jeu dans ses habits d’acteur. Comme l’histoire se situe entre le rêve et la réalité, dans une petite ville où les chiens à trois yeux pourraient exister par exemple, Tête première demeure intemporelle tout en collant au Québec, parce que la situation politique de l’Irlande, où se déroule l’histoire, n’a jamais été très loin de la nôtre. Les spectateurs risquent d’être de connivence, de trouver dans la détresse des femmes un écho à la leur.

  • Tête première, de Mark O’Rowe, mise en scène de Maxime Denommée, avec Sandrine Bisson, Kathleen Fortin et Dominique Quesnel. À La Licorne du 26 février au 29 mars.
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