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France Arbour - Voix de femmes
©Alain Décarie - Le Journal de Montréal
France Arbour
Cote des internautes
5/5
(Nbre de vote : 1)

FRANCE ARBOUR

Voix de femmes

Claudia Larochelle
Le Journal de Montréal
10-02-2008 | 05h00
Cinq femmes valent mieux qu’une pour la comédienne France Arbour, polyglotte émérite et reine des accents étrangers, qui nous «souhaite de passer une agréable soirée» avec Maria Teresa, Yvette, Nicole, Dolly et Cocaline. Et pour chacune d’entre elles, le corps d’une seule et même actrice…très expérimentée.

En plus d’accueillir en elle les émotions de chacune de ces femmes à qui elle donne une voix, ce sont ses anciens étudiants que France Arbour voit apparaître à la fin de chaque représentation.

Qu’ils soient de la génération des baby-boomers, de la X ou de la Y, elle constate avec étonnement le nombre important d’aspirants comédiens qui ont reçu la formation arbourienne en interprétation ou élocution française entre 1957 et 2000. Plusieurs poursuivent des carrières en théâtre ou en communication. Rares sont ceux qui ne se souviennent pas d’elle…

Mi-sérieuse mi-comique, rigoureuse et audacieuse, parfois indulgente d’autres fois impitoyable, dame Arbour, qui a aussi marqué les planches et l’écran entre deux séances d’enseignement, a une force de caractère qui transparaît dans l’interprétation des personnages féminins de Je vous souhaite de passer une agréable soirée à La Petite Licorne.

UNE BROCHETTE DE MADAMES

Sur scène, dans une simplicité qui met en valeur la puissance de son interprétation, elle devient successivement l’Italienne Maria Teresa qui connu un grand amour, la wonderesse woman Yvette qui possède un secret de jeunesse, la comique-malgré-elle Nicole, la tragique Dolly qui rêvait d’être chanteuse mais qui est devenue caissière et Cocaline, la concupiscente qui vient de se faire sortir de son centre d’accueil. Avec leur part d’amour, de haine, de tristesse et de rire, elles sont moins jeunes qu’avant, ne sont pas très loin des 71 ans de leur interprète et touchent les âmes sensibles.

«Elles sont toutes d’un certain âge, certaines douces, d’autres fatiguées de la vie, elles s’expriment de manière différente et suscitent des émotions différentes», observe la polyglotte qui excelle dans l’art d’imiter les accents.

LÀ-BAS DANS LE NOIR

C’est dans chaque changement de costume effectué sur scène, dans la pénombre, qu’elle passe d’un rôle l’autre, profitant de son silence intérieur pour habiter l’univers complexe du prochain personnage. Madame est zen. Vient un temps où la maîtrise et l’acceptation de soi prennent le dessus, plus qu’à 20 ou 30 ans…

«Je suis une artiste comblée et je ne me préoccupe pas d’être une vedette, sinon je serais bien malheureuse. Ce qui m’importe c’est de poursuivre mon métier.»

Elle ajoute même des cordes à son arc. En plus d’Yvan Bienvenue, Jean-Marc Dalpé, Normand Boivin et Gilles Latulippe, elle a décidé de se jeter l’eau, d’écrire son premier monologue; Maria Teresa. Armée de son brontosaure 84, comme elle se plaît à surnommer son ordinateur, elle s’est créé un univers où l’amour triomphe de tout.

«Comme ces femmes ont mon âge, je me sens plus près d’elles, on a des références en commun. C’est quand même fou ce qu’une femme de 71 ans a pu vivre au cours d’une vie. Inimaginable.»

Je vous souhaite de passer une agréable soirée, des monologues interprétés par France Arbour, écrits par Yvan Bienvenue, Jean-Marc Dalpé, Normand Boivin, Gilles Latulippe, dans une mise en scène de Stéphane Jacques. À La Petite Licorne, jusqu’au 19 février.

COMMENTAIRES DES INTERNAUTES
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Nombre de votes : 1

Quelle justesse dans l'interprétation et que de belles émotions et de grandes réflexions nous laisse cette grande dame. Chapeau! et merci

5/5
03-10-2008- Daniel D.- âge : (50+)
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