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Le Barbier de Séville - Comique et réussi
©Journal de Montréal
Rigolo et tout en puissance: le Barbier de Séville a repris vie de façon magistrale hier sur les planches de la Place des Arts.
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LE BARBIER DE SÉVILLE

Comique et réussi

Philippe Meilleur
03-02-2008 | 11h37
D’accord, il s’agit d’une oeuvre à la fois renversante, drôle et marquante. Mais ce qui fait la principale force du Barbier de Séville, dont la plus récente mouture était présentée en grande première hier soir à la Place des Arts, c’est son accessibilité légendaire.

À peine assis dans notre taxi, d’ailleurs, que le spectacle commençait. Vous allez voir le Barbier? Ah, je connais! Et le chauffeur de se mettre à fredonner les célèbres notes d’introduction du chef-d’oeuvre de Rossini… Il n’y a pas à dire, l’Opéra de Montréal a bien fait de présenter à nouveau cette célèbre pièce.

On aurait d’ailleurs de la difficulté à trouver quelque chose à redire sur l’un des aspects de la version concoctée par le metteur en scène Alain Gauthier.

Le rideau se lève d’abord sur une Séville encore endormie, mais qui sera bientôt baignée des lumières chaudes et vivantes de l’aurore. Les jeux d’ombre et de lumière sont brillants et complètent à merveille les prouesses des comédiens.

Dans les premiers instants, le conte Almaviva (Frédéric Antoun) donne le ton en chantant la pomme sous le balcon de sa flamme, la belle Rosine (Jolie Boulianne).

Le ténor a semblé en plein contrôle de ses moyens, alors que la mezzo-soprano était particulièrement en voix. On lève notre chapeau à cette interprète, qui en était hier soir à un premier rôle principal sur scène.

Les choses se sont encore améliorées lorsque le célèbre barbier Figaro (Aaron St-Clair Nicholson) a fait son apparition en entonnant son air favori. Drôle, efficace tant par les cordes vocales que par les gestes, ce Figaro-là est irréprochable sur tous les aspects. Aussi n’est-ce pas un hasard si sa première présence a attiré des applaudissements nourris et mérités.

Scène cocasse

Le Barbier de Séville est naturellement un opéra-comique, et l’assistance a en effet beaucoup ri tout au long de la soirée.

Cela a été particulièrement vrai lors de la scène où Almaviva suit les conseils de Figaro et pénètre chez Rosine déguisé en soldat ivre qui demande l’hospitalité. Se trompant constamment de nom en tentant de convaincre le vilain docteur Bartolo de lui offrir un lit (nous n’avons pas pu nous empêcher de penser à la célèbre Castafiore de Hergé, qui est incapable de nommer correctement le capitaine Haddock…), Almaviva offre l’un des nombreux moments où l’art lyrique rend service aux gloussements et au tapage de cuisses.

Réussie sur toute la ligne, donc, cette nouvelle mouture du Barbier de Séville rend hommage au chef-d’oeuvre originel.

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